Le trentenaire Jean-Eudes Gannat a un parcours émaillé de nombreuses affaires. Toutes n’ont pas connu un traitement judiciaire mais qu’elle que soit l’issue, les jalons qui suivent sont évocateurs de la dissonance cognitive de celui qui se rêve en très moral croisé moderne mais se réveille chaque matin éclaboussé par sa propre fange. Des affaires à méditer car le bonimenteur fait campagne pour les élections municipales de la ville de Segré (49) et il retentera le coup sur d’autres échéances. Si nous n’attendons rien de la justice bourgeoise, ces affaires donnent une idée de sa conception toute personnelle de la probité politique et du respect des personnes.
Comunotec
Après de brèves études de droit inabouties, il commence sa carrière professionnelle au sein de la Gud Connexion en travaillant pour le Carré Français à Casablanca. Il a aussi été en 2017 responsable Nord-Ouest de l’équipe de Riwal la société de l’ancien gudard Frédéric Chatillon, le prestataire préféré des campagnes de Marine Le Pen et du FN d’alors. Ce qui nous amène à la remarquable affaire Comunotec, du nom de l’entreprise que Gannat a dirigé dans laquelle on retrouve les sociétés d’Axel Loustau et Frédéric Chatillon, poursuivi et condamné dans l’affaire de financement du FN « Jeanne ». Par chance le conseil municipal d’une commune concernée (Andlau, Bas-Rhin) n’a pas entamé de poursuites pour la vente d’équipements de vidéosurveillance « Bricolés, sciés, avec des traces de coups de marteau. Il s’agissait de quatre webcams, des caméras très bas de gamme. C’était la catastrophe. »Notons que le tartuffe et l’alvarium avaient un temps mené une campagne contre la société de surveillance.
Comptes de campagne
En 2022, il a temporairement été condamné à une peine d’inégibilité de 6 mois par le tribunal administratif de Nantes suite à sa campagne pour les élections départementales de juin 21 dans le canton de Segré. Il avait transmis avec plus d’un mois de retard et une mise en demeure de la Commission nationale consultative des comptes de campagne et des financements politiques ses comptes de campagnes qui étaient vides. En décembre 2022 le Conseil d’État rend une décision clémente en arguant justement de « l’absence de dépense et recette présentée par le compte de campagne » pour lever cette peine. Mais alors qui avait payé les affiches ? La question demeure.
Diffamation envers un élu de Trélazé
En mai 2024 il est condamné à une amende de 1500€ suite à la diffusion d’une vidéo diffamante au moment de l’annonce de la dissolution de l’alvarium. Il attaque le plus souvent sans la moindre preuve tous ses ennemis politiques. Un passage concerne la ville de Trélazé et certains de ses élus. Il affirme que « La ville de Trélazé est dirigée par des gens qui sont le cheval de Troie de l’islamisme » ou encore que « Leurs noms ne sentent pas le bocage vendéen ou les bords de Loire ».
Agression de manifestants en marge d’une mobilisation pour Nahel
Aux côtés d’autres membres de sa milice, Jean-Eudes Gannat est condamné début 2025 à plusieurs mois de prison avec sursis. Ce jugement est rendu en appel pour les violences exercées (avec notamment des bâtons pour certains de nationalistes condamnés) sur des manifestant.e.s mobilisé.e.s suite au meurtre de Nahel à l’été 2023. La scène avait été filmée et a contribué à mobiliser des habitant.e.s des quartiers, ce qui avait précipité la perte du local fasciste de la rue du Cornet d’où l’attaque avait démarré. L’affaire avait fait grand bruit car presque toute la milice avait été relaxée en première instance après avoir plaidé un improbable « état de nécessité ».
Procès en cassation pour une tribune raciste sur Breizhinfo
Avec notamment Yann Vallerie du média d’extrême droite Breizhinfo, Jean-Eudes Gannat va être rejugé dans l’affaire qui l’oppose au journaliste Josué Jean-Bart et à Ouest-France. Dans une interview au pseudo-média d’extrême droite, Gannat s’était lancé dans une diatribe raciste et avait lancé : « Sans doute se rêve-t-il en Sartre, qui “prenait sa plume pour une épée” ; sauf qu’à force de relayer grossièrement la propagande de l’extrême gauche, notre plumitif guadeloupéen jette des sagaies vers son propre camp ». La fine équipe a été relaxée en appel par une cour qui retenait le côté péjoratif mais ne voyait pas de racisme mais de la simple « moquerie ». Une décision litigieuse fermement rejetée par la cour cassation qui ordonne une nouveau jugement devant la cour d’appel.
La liste n’est pas prête de s’arrêter car d’autres plaintes restent à juger. Le 6 mai 2026 il devra se justifier de ses saillies racistes envers des réfugiés afghans que dans une vidéo il avait traité de « cousins de talibans ». Ceux qu’il a cherché à humilier sans succès ont décidé de porter plainte, il est vrai qu’ils n’ont pas fui les talibans pour se laisser emmerder par un petit fasciste entrepreneur en cagnottes. Enfin dernièrement, parmi d’autres, il a relayé la présence d’une militante antifasciste qui aurait été présente au moment des violences ayant entraîné la mort du militant nationaliste Quentin Deranque. Sauf que la personne en question était à l’étranger. Selon Streetpress une plainte aurait été déposée à son encontre.
Le Raaf.

