Le jardin mytho de l’alvarium

Les camarades de l’Action Antifasciste Loire-Authion nous ont fait parvenir cette vidéo.
Un nouvel épisode tragicomique de la propagande mensongère de l’alvarium :

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Crise sanitaire, inégalités de classes et dérives autoritaires

La crise sanitaire que nous traversons actuellement est inédite par bien des aspects. D’autres ont déjà commencé un travail de critique des politiques menées ces dernières décennies, qui ont certainement contribué à son aggravation. Nous tenterons ici d’analyser la situation et les dynamiques actuelles d’un point de vue antifasciste.

La communication gouvernementale et son lexique guerrier nous enjoignent à faire front commun dans cette « guerre » contre le virus. Cette stratégie d’union sacrée est bien connue et conduit toujours au même résultat : les pauvres meurent pendant que les riches restent au chaud.

Parce que la stratégie de confinement ne concerne qu’une partie de la population, il devient impossible d’ignorer ces privilèges de classe. Pendant que certain-e-s peuvent travailler à domicile, les autres doivent sortir et s’exposer au risque de contamination. Avis aux plus naïfs : les applaudir ne les guérira pas.

Tandis que les puissants changent à nouveau les règles du jeu à leur avantage, comprendre : détruisent le code du travail, les flics ont quartier libre. Ils peuvent bien venir jouer les victimes dans les médias par le biais de leur syndicat d’extrême-droite, sur le terrain les violences policières ne souffrent pas du virus. Cette bande de sadiques s’attaque en priorité comme à son habitude aux habitant-e-s de quartiers populaires.

Il n’y a pas qu’eux qui profitent du confinement pour se lâcher à l’abri des regards. Malgré des prisons pleines à craquer et au bord de l’implosion, la justice redouble d’efforts pour condamner à des peines délirantes par visioconférence.

On aimerait croire que ces pratiques scandalisent l’opinion publique, et c’est sans doute le cas, mais quand on apprend que certains standards téléphoniques de commissariats sont saturés d’appels de délation, on est en droit de se poser des questions.

L’économie ne s’est pas arrêtée pour tout le monde. Les fabricants de joujoux techno-cauchemardesques sont de sortie et font étalage de leur catalogue. On a pu ainsi voir des drones surveiller et suivre des êtres humains pour leur demander de rentrer chez eux. Les opérateurs de téléphonie mobiles quant à eux, attendent le feu vert du gouvernement pour outrepasser la RGPD et revendre nos données numériques personnelles à des fin de pistage.

L’état d’urgence sanitaire semble, comme l’état d’urgence tout court, être le prétexte idéal pour restreindre nos libertés personnelles. Si la crise sanitaire est loin d’être dépassée, la période qui va suivre risque également d’être très compliquée. Se débarrasser d’outils coercitifs, même s’ils semblaient utiles ou légitimes à certains, n’est jamais chose aisée. La récession économique qui va suivre risque également de favoriser des politiques à l’encontre des travailleurs et des travailleuses.

Plus que jamais il nous faudra faire preuve de solidarité. D’une solidarité de classe plutôt que d’une solidarité nationale.

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Bilan du mandat de Christophe Béchu dans une perspective antifasciste

En période de campagne électorale, il est utile de revenir sur la mandature qui s’achève afin d’en établir le bilan dans une perspective antifasciste. Ces six années auront été marquées par une complaisance assumée de la mairie avec les droites réactionnaires ainsi que par un laisser-faire coupable vis-à-vis de l’extrême-droite radicale.

Panier de crabes, mariage de la carpe et du lièvre : L’ère Béchu, un documentaire animalier

https://www.gyyporama.com/#/ostrilla/

Dès le début de mandat, l’équipe de Christophe Béchu compte deux élus qui servent de caution morale pour la frange rétrograde de l’électorat : Roch Brancour et Maxence Henry. Ils sont à l’époque adhérents à Sens Commun, l’émanation politique de La Manif Pour Tous.

En novembre 2016 la première polémique publique éclate. Christophe Béchu cède à la pudibonderie de ses administré.e.s les plus réactionnaires et demande à JC Decaux de retirer des murs de la ville une campagne de prévention du VIH menée par AIDES, avec l’aval du Ministère de la Santé. Cette décision a été prise lors d’un « bureau municipal » où sur les 25 élu.e.s présent.e.s on ne notera qu’une seule abstention. Cette demande n’est donc pas le seul fait du prince mais bien une décision collégiale. Le week-end précédent, en bon soldat de la Manif Pour Tous, Roch Brancour avait déjà jugée « cette campagne irresponsable ». Les accusations justifiées d’homophobie fusent de tous bords. Quand à qualifier cet acte de « censure » ce sera directement la ministre de la santé de l’époque qui s’en chargera.

Maxence Henry et Roch Brancour ne sont que la partie visible du caractère réactionnaire de la majorité aux affaires. Et nul n’est dupe qu’ils ont abandonné l’étiquette Sens Commun en cours de mandat parce qu’elle entachait l’image lisse voulue par l’équipe municipale (encore plus avec la déroute de François Fillon que Christophe Béchu a soutenu dans un premier temps). En quittant leur vieux oripeaux ils n’en restent pas moins que nos larrons restent d’indécrottables militants d’une droite dure décomplexée et homophobe. S’ils avaient été isolés dans leur positionnement politique, il y a belle lurette qu’ils auraient servi de fusibles mais les voilà prêts à rempiler en bonne position. Et pour cause, ils ne sont pas seuls. Trois autres élu.e.s de la majorité refusent de célébrer les unions entre personnes du même sexe : Karine Engel, Grégoire Lainé et Véronique Lorro. Quand ces élu.e.s parlent de moralité publique alors que ce ne sont pas des entorses mais des fractures multiples qu’ils font subir à la loi sur le mariage pour tous, on comprend que des angevin.e.s ricanent devant tant de tartufferie. Les ricanements deviennent rires jaunes lorsque Maxence Henry se fait pincer, à la manifestation anti-PMA parisienne du 6 octobre arborant fièrement (mais sans délégation) son écharpe d’élu. Celui-ci feindra la surprise et jurera que l’on ne l’y prendrait plus. Encore un tollé sans conséquences politiques : aux « innocents » les mains pleines.

Parfois qualifiés de « dérapages » la récurrence de ces affaires prouve qu’elles relèvent du système plutôt que de l’exception. Sur cette question de l’égalité des droits, il s’agit d’une politique tacite de la part de l’équipe dirigeante : un petit clin d’œil appuyé vers la droite de la droite. Il est donc troublant d’apprendre que pour l’éventuelle prochaine mandature, Christophe Béchu a été rejoint par l’ex-sénatrice EELV Corinne Bouchoux pour qui la revendication publique de son homosexualité est un acte militant. Que peut-elle attendre de sa collaboration avec une bande de fieffés réacs ? Pense-t-elle sérieusement faire bouger les lignes ? Le seul mariage qu’elle puisse célébrer sera celui de la carpe et du lièvre.

Espoir rance en banlieue

«Complex shit» à Berne
Sculpture gonflable de Paul McCarthy

Cette même municipalité, via société d’économie mixte de la SOCLOVA a mis à disposition dans le quartier populaire de la Roseraie, un terrain, ainsi que des préfabriqués, à l’école hors-contrat « Le Gouvernail ». Cette établissement qui ouvre ses portes en septembre 2017, est affilié à Espérance Banlieue un réseau d’écoles qui prodiguent une pédagogie aux méthodes rétrogrades. Il est peu surprenant d’apprendre que la fondation Espérance Banlieues entretient des liens étroits avec la Manif Pour Tous. Il s’agit là d’un coup de pouce inadmissible à une officine privée douteuse et un signal amical de plus envers l’extrême-droite catho-tradi qui pèse si lourd sur la vie politique en Anjou alors qu’elle ne représente plus qu’elle même.

La sécurité, première des opacités

Êtes-vous sûr.e.s de n’avoir rien à cacher ?

En matière de sécurité Christophe Béchu avait promis un important déploiement de la vidéosurveillance. « Promesse tenue » comme il aime à le clamer ! Leur nombre a augmenté de 441 % entre 2013 et 2019 ! Ce sont donc désormais 150 caméras qui quadrillent la ville, soit grosso modo 1 pour 1000 habitants. Par contre, inutile de demander un quelconque audit ou une étude de résultats, il n’y en a jamais eu. Les seuls qui aient accès à des chiffres précis sont les industriels de la peur et de la sécurité lorsqu’ils consultent leur comptes après avoir encaissé l’argent public.

Comme ce n’est pas assez, Angers est désormais engagée dans un projet de « territoire intelligent ». et c’est un consortium emmené par Engie qui a raflé le jackpot. Alors, bien sûr l’argument de façade est la modernisation des infrastructures en vue d’une gestion plus fine et plus économique mais le budget de plus de 170 millions sur 12 ans va permettre la création d’une infrastructure tout à fait à même de virer à la technopolice. Et Jeanne Robinson-Berhe, adjointe à la sécurité nous promet déjà plus de caméras pour le prochain mandat. Bel élan de solutionnisme technophile qui va encore enrichir des grosses boîtes privées et nous priver de nos libertés publiques et individuelles. Pour résumer cette majorité nous rêve transparent.e.s mais gère la question sécuritaire de manière opaque.

Extrême-droite radicale ? Où ça ?

Evidemment avec des élu.e.s du pedigree tel que décrit plus haut des accointances avec l’extrême-droite ne sont pas surprenantes et s’affichent même sur les réseaux sociaux. Comment ne pas imaginer que ces affinités ne jouent pas en faveur du prêt récurent de salles municipales au Cercle Anjou Conférence mené par deux ex-RN : Barbara Mazières (désormais conseillère régionale) et Gaëtan Dirand ? Le Cercle aura fait bénéficié à tout le gratin moisi de l’extrême-droite « hors-les-murs » du confort des salles de la ville.

Angers et le street-art, une histoire de murs.

Quant à la bande de néo-fascistes de l’alvarium, après une sévère défaite dans le quartier Savary, ils se sont réinstallés en juin 2019 en plein centre-ville, au 31 rue du Cornet, à deux pas de la Bourse du Travail. Nous ne nous étalerons pas ici sur leur pseudo « action-sociale », leur activisme en trompe-l’œil où leurs déboires judiciaires réguliers. Par contre la position de la mairie est assez symptomatique d’une forme d’aveuglement. Depuis sa réouverture, la seule réponse aura été d’installer très rapidement une caméra de surveillance pour parer tout « trouble à l’ordre public » et dissuader les opposant.e.s trop remuant.e.s (sans succès vue la façade « refaite », voir ci-dessus).

En gros un emplâtre toxique sur une jambe de bois vermoulue. Triste démonstration de veulerie politique. Nous ne nous leurrons pas, la solution ne viendra pas des institutions mais bien d’une mobilisation populaire comme celle qui a contribué à couler l’alvarium première version. On peut néanmoins rappeler chacun à ses responsabilités. Pour la première version du local fasciste la mairie avait été forcée par les évènements à s’exprimer à plusieurs reprises sur le sujet, un vœu avait été voté à l’unanimité en conseil municipal. Celui restera pieux car non suivi d’action. Cette fois, depuis juin Christophe Béchu n’aura pas soufflé un traître mot sur ce local fasciste qui défigure la ville : où comment essayer discrètement de glisser la merde sous le tapis. Alors tous les beaux discours sur le « vivre-ensemble » ne sont à nos oreilles que foutaises.

La méthode Béchu : un silence méprisant

On pourrait résumer comme suit la méthode Béchu de lutte contre l’extrême-droite : tout (sa-)voir, tout entendre, ne rien dire. Depuis plusieurs années c’est un silence méprisant qui vaut réponse à toute question adressée l’administration municipale. Il est vrai qu’il est ardu de combattre l’extrême-droite quand dans ses rangs la réaction pèse si lourd.

Christophe Béchu pense peut-être feindre l’indifférence mais il s’agit bien d’une coupable complaisance au seul bénéfice de l’extrême-droite. De la première d’ouverture d’un local fasciste, nous avons appris qu’à terme une mobilisation large, populaire et déterminée paiera.

L’antifascisme radical est aussi une incitation à reprendre nos affaires en mains par l’absence de délégation et l’action directe. Nous vous invitons donc à nous rejoindre dans ce combat pour l’émancipation.

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3 ans de gros échecs et de petits mensonges (et le contraire)

Nous avons récemment lu l’interview des membres de l’Alvarium sur le site d’extrême-droite Paris Vox, à l’occasion de la soirée censée fêter les 3 ans de cette « communauté enracinée ». Nous y avons découvert, mi-amusé.e.s par le ridicule de la situation, mi-attristé.e.s devant une telle bêtise, que nos fascistes locaux faisaient un bilan positif de leur petite aventure. Certes, la vanité et l’orgueil étant les ingrédients de base de leurs communications, cet article n’est que moyennement une surprise. Cependant, il nous semblait important de remettre les pendules à l’heure et de profiter de l’occasion pour nuancer leur discours qui, selon nous, a une influence négative sur la vie locale. Cet article vise donc à dénoncer les actions entreprises par l’Alvarium tout en déconstruisant la gloriole dont ses membres peuvent se parer.

Autant le dire d’emblée : le bilan de l’Alvarium est désastreux. Et comme nous allons le voir, parmi tout ce qui a été entrepris, on peine à trouver les domaines où on serait obligé de reconnaître que ce qu’ils font est véritablement utile aux angevins.

Soirée fléchettes, cours d’anglais, galette des rois, cours de catéchisme… on pourrait avoir l’impression que ça part dans tout les sens. Nous allons donc essayer de décortiquer la plupart de leurs activités pour tenter d’y voir plus clair. On commence avec quatre thématiques qui trônent sur la banderole de leur page Facebook : solidarité, politique, culture, sport.

« Solidarité » : la pauvreté augmente, l’activité de l’Alvarium non.

Alors que la crise du logement touche de plus en plus durement Angers (notamment ses étudiants), et que de manière générale les inégalités augmentent, l’activité de l’Alvarium n’explose pas. Bizarre, il y en a pourtant des occasions de se rendre utile ! Pire, au vu des photos qu’ils diffusent sur les réseaux sociaux, on a même l’impression qu’il y a de moins en moins de maraudes et que ce sont toujours un peu les même têtes que l’on retrouve lors de ce genre d’actions… Est-ce que cela voudrait dire que l’Alvarium n’arrive pas à développer son « travail social » ? Cette hypothèse est d’autant plus probable pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nos militants nationalistes ne sont pas des sur-hommes et personne n’est à l’abri du découragement. De plus, en 3 ans, leur mouvement n’a su développer aucun partenariat avec les acteurs légitimes, au niveau local, impliqués dans l’action sociale. Qu’elle soit publique ou privée, aucune institution ne semble vouloir avoir affaire avec eux… Et en même temps, on peut le comprendre. Car c’est peu dire que leur vision de l’action sociale est complètement dépassée. Leur manière de nommer les personnes qu’ils souhaitent aider aurait de quoi faire froncer les sourcils de n’importe quel étudiant en première année de formation en travail social : « cas social », « pauvre hère », « malchanceux »… Le paternalisme dont ils font preuve trahit leur position sociale et affiche toute la condescendance qu’ils peuvent avoir pour ces personnes dont ils ne souhaitent au final qu’instrumentaliser la misère au profit de leur obsessions racistes et xénophobes.

L’utilisation de l’adjectif « malchanceux » (à l’occasion de leur « noël des malchanceux ») est tout particulièrement révélatrice. En effet, il serait logique de penser qu’il existe des raisons objectives qui permettent d’expliquer les inégalités sociales. On pourrait par exemple s’intéresser aux déterminismes qui structurent la perpétuation de groupes sociaux antagonistes. Mais non, à l’Alvarium on préfère croire… au hasard ! En gros, si tu es né chez les riches (comme chez la famille Gannat par exemple), tant mieux pour toi, si tu es né chez les pauvres, tant pis pour ta gueule.

Mais comme souvent, cette violence symbolique ne peut pas perdurer à l’infini. Et un jour ou l’autre, on fini par se prendre, sans mauvais jeu de mot, le retour du bâton. C’est en tout cas ce que pouvait laisser croire ce fait divers à l’automne dernier.

« Politique » : aucun doute, on est bien à l’extrême-droite

Des conférences ont été organisées plus ou moins régulièrement au local, attirant au mieux quelques dizaines de personnes. Il est intéressant de remarquer que les thèmes ou les intervenants invités semblent trahir une évolution dans la stratégie mise en œuvre. Les thèmes abordés sont de plus en plus clair et il devient de plus en plus difficile de faire passer leur local pour un anodin « centre d’action culturel et social ». Entre la soirée « sangria » (au local de l’avenue pasteur) et la venue de Bruno Gollnisch en décembre dernier (au local rue du cornet), on voit qu’il y a quand même eu du chemin parcouru. Au vu de la programmation récente, il semblerait que l’Alvarium se concentre sur la formation politique (mais toujours nationaliste) et religieuse (à la sauce catho-tradi évidemment). On se demande quand même si la cave qui leur sert actuellement de local ne va pas finir par ressembler à l’arrière cuisine du FN/RN, tant elle semble accueillir régulièrement ses parias et ses dinosaures.

Ces événements sont autant d’occasions supplémentaires pour nos « nationalistes corsaires » de cultiver l’entre-soi. Leur local, qui est loin d’avoir pignon sur rue (ils n’ont même pas la moindre petite enseigne visible depuis la rue) ne risque pas d’attirer les fêtards à la recherche des bars du quartier. De généreux anonymes ont pourtant récemment essayé de marquer à la peinture rouge l’emplacement de leur local mais les militants semblent étonnamment tenir à leur discrétion et ont tendance à rapidement essayer de faire le ménage dans ce genre de situations.

En ce qui concerne le mouvements des gilets jaunes en 2018 et 2019, on vous avait déjà parlé des tentatives d’entrisme à répétition de la part du petit groupe, qui comme dans d’autres villes ont échouées. Leur principal fait d’arme aura peut-être été d’avoir déployé une banderole, le 15 décembre 2018, en prenant la tête d’une manifestation. Le message qu’ils avaient choisis illustre bien la manière dont ce genre de personne intègre les mouvements sociaux : en tentant d’y semer la division et en évacuant les questions sociales au profit de discours discriminants (ici vis à vis des musulmans, on l’aura compris).

Les raisons pour lesquelles ces fachos n’ont pas réussi à imposer leurs mots d’ordre chez les Gilets Jaunes sont sûrement multiples. Mais il est indéniable qu’elles sont au moins en partie le résultat d’un travail antifasciste mené quotidiennement et qui vise à garder un haut de niveau de vigilance vis à vis de ce genre d’initiatives. Par ailleurs, il ne faut pas non plus sous-estimer, de nouveau, la position sociale de la plupart des personnes impliquées dans l’Alvarium, les rendant de fait étrangers à un certain nombre de réalités ou préoccupations des classes laborieuses.

« Culture » : où comment passer de François Ruffin à l’occupation allemande de la France

Autant les personnalités invitées au local ne laissent pas de doute quant au positionnement des membres de l’Alvarium, autant leur rapport à la culture est un peu plus ambigu… enfin, à première vue seulement.

Pour ce qui est des séances ciné-débat, il y a seulement eu trois films programmés. Le premier était le documentaire « Merci patron ! » (peut-être une manière de critiquer un exemple de ce qu’ils nomment le « gauchisme culturel »). Dommage pour eux, ils n’ont pas obtenu l’autorisation des distributeurs du film pour le diffuser. Ceci explique sans doute que la séance ait été transformée en pseudo « discussion ».

Pour le second et le troisième films, nos nationalistes ont été moins créatifs et se sont recentrés sur des œuvres pouvant évoquer des thématiques plus classiques pour l’extrême-droite. « Le crabe tambour » est un biopic sur Pierre Guillaume, un membre de l’OAS. Quand à « Orange mécanique », inutile de préciser que c’est un film culte pour des nombreux skinheads et hooligans, appréciant généralement la violence qui y est mise en scène.

Quand à la lecture, on peut dire que ça sent le souffre à l’Alvarium ! Un peu avant noël, leur Facebook nous annonçait l’arrivée de livres donnés par les éditions Ars Magna.

« Front National », « Le roman vrai d’un fasciste français »… le titre de certains ouvrages donne le ton. Mais ce n’est pas tout. Dès le fin novembre, la page Facebook des éditions Ars Magna annonçait elle aussi un don de livres à l’Alvarium, mais avec d’autres ouvrages, certains même un peu plus sulfureux.

« Paroles de fascistes », « L’aryen, son rôle social »… Le message a le mérite d’être clair. Et si jamais vous vous demandiez de quoi parle « Le problème de la race », on est allé voir pour vous sur le site de l’éditeur : c’est la reproduction « d’un manuel d’étude du français à l’usage des troupes d’occupation allemandes en France. » Autant dire qu’on est ici dans la littérature d’extrême-droite radicale la plus caricaturale.

« Sport » : la baston ou rien

Si le mot sport renvoie de manière générale à un un grand nombre d’activités possible, les militants de l’Alvarium semblent surtout s’adonner aux sports de combat. Et cela de deux manières différentes.

La première c’est l’organisation d’événements officiels. Il n’y en a eu que deux. Un atelier de self defense, avec quelques participants uniquement ainsi qu’un footing.

La seconde, beaucoup plus développée, concerne les violences de rue et agressions auxquelles peuvent se livrer les membres et sympathisants de l’Alvarium. La liste est longue mais on va se contenter de rappeler ces quelques faits qui illustrent la continuité des sales histoires dans lesquelles ces fachos mettent les pieds.

François-Aubert Gannat : tête brûlée, il est passé par la case tribunal (mais jamais prison) à plusieurs reprises ces dernières années, toujours pour des histoires d’agression. Un des articles qu’on a écrit à son sujet.

Alban Martinez : ce fait divers nous a appris qu’Alban avait été jugé pour une histoire de règlement de comptes qui a finis en tabassage à deux contre un dans le noir. Pas très « sportif » dans l’esprit. A l’audience, Alban, qui est issu d’une famille de militaires, s’inquiétait que cette condamnation gêne son projet de devenir gendarme.

Théodore Riant : c’est la dernière (pour l’instant!) casserole des militants de l’Alvarium. Lors de cette soirée au Mans dont on vous a déjà parlé, Théodore s’est fait choper. Il doit comparaître au tribunal le 6 avril prochain.

Passons maintenant aux activités qui ne rentrent pas directement dans les catégories présentées d’emblée sur leur page Facebook.

La nourriture : le méta-politique au risque de l’indigestion

Alors que se nourrir pourrait être considéré comme ce qu’il y a de plus vital, au sens strict, pour cette petite « communauté », on remarque que l’Alvarium développe peu ses activités liées directement à la nourriture.

Les photos du potager ne donnent pas à voir de très grosses récoltes. De nouveau, ils vont avoir du mal à concurrencer les restos du cœur. De plus, le groupe choisit de partager uniquement des photos des légumes une fois qu’ils sont récoltés. C’est regrettable, il existe sûrement quelques spectateurs qui aimeraient voir nos aristocrates troquer leurs mocassins et leurs baskets adidas pour une paire de bottes et mettre les mains à la terre ! Cela éviterait que certaines mauvaises langues racontent que d’autres font la récolte pour eux…

En ce qui concerne les rencontres gastronomiques (regroupées sous le nom de Cercle Ragueneau), on sentait davantage de motivation lors du lancement de cette activité. En effet, ce cercle se voulait être à l’origine un moyen de lutter contre la malbouffe et la « prolifération des kebabs » (sic) Et pour résister, les nationalistes ont choisis de cuisiner. Grand bien leur fasse. Avec seulement 8 événements en 3 ans, on ne peut pas dire que leurs rencontres aient pour vocation de nourrir toute la région. Les kebabs d’Angers ont encore de longs jours devant eux. On peut en revanche leur reconnaître un certain savoir faire quand à la prise de jolies photos des plats, principalement à base de viande. On peut donc considérer leur cuisine pour ce qu’elle est : élitiste et pas vraiment diététique (la viande, c’est relativement cher et ses bienfaits sont discutables). Il va leur falloir travailler davantage s’ils veulent populariser le hashtag « #PasVegan » !

Les réseaux sociaux : l’activisme facile et sans engagement

Ici, on touche du doigt ce qui pourrait s’apparenter à leur point fort. Comme malheureusement beaucoup de personnes, nos militants aiment se regarder sur les réseaux sociaux. Et une bonne partie des actions entreprises sont minutieusement exposées sur le web. Sans doute pour nourrir le narcissisme de certains d’entre eux mais aussi pour se faire connaître à moindre frais (à l’inverse, il est assez rare qu’ils collent des affiches par exemple). Photos ingénieusement cadrées et petits communiqués alambiqués, signalement de leurs adversaires auprès des plates-formes numériques… A l’Alvarium, l’activisme c’est avant tout une affaire de clics. Cela donne au final l’impression que la petite bande aime mettre en scène l’engagement politique, plutôt que de le vivre. Au lieu d’être au service des angevins, ils cherchent à être vu. Et dire qu’ils osent ensuite déclarer que « la robotisation de notre quotidien est un immense danger »

Pour autant, ils ne photographient pas non plus leurs événements sous tout les angles. Le 28 septembre dernier par exemple, pour l’inauguration du nouveau local, on n’a pas vu de photo de groupe. Sans doute ont-ils jugé inopportun de publier une photo des dizaines de personnes qui sont passées au cour de la soirée. Les déboires liées à la capacité d’accueil de leur ancien local ainsi que les nuisances sonores que déploraient les voisins ont l’air d’avoir laissé des traces.

Dans tous les cas, leur audience sur les réseaux sociaux est toute relative. Arrivent-ils vraiment à toucher au-delà de leurs milieux ? Quand on observe qui aime ou partage leurs publications, il est vraiment permis d’en douter. Les statistiques jouent également contre eux : 2477 personnes qui aiment leur page Facebook, c’est peu. Surtout si l’on compare avec l’organisation italienne qui leur sert de modèle, la Casapound (44285 abonnés sur Twitter). Toute cette agitation numérique ne leur permet finalement pas encore de faire le « buzz ».

Leur réseau : pseudo-social mais authentiquement nationaliste

Le modèle du centre social fasciste représente actuellement une sorte de produit standardisé sur le marché de l’extrême-droite militante en France. Il est donc assez aisé pour un groupe de s’approprier telle ou telle technique et de se revendiquer opportunément comme faisant parti de cette « jeunesse utile » à l’assaut du « futur ». Un sticker avec le logo du groupe collé sur le thermos à café et hop ! Il s’agit d’une maraude engagée. On voit ainsi l’Alvarium entretenir des liens avec d’autres nationalistes organisés plus ou moins sur le même modèle qu’eux. On peut citer principalement Des Tours Et Des Lys (Tours) et Auctorum (Versailles). Sur le même schéma, on retrouve aussi l’ensemble des groupes post-Bastion Social (Audace, Vent d’Est, Tenesoun…). Tout ces groupes se ressemblent sur la forme mais pas nécessairement sur le fond. La stratégie de ne pas avoir en commun de label les structurant est une manière d’éviter la dissolution (comme ce qui s’est passé pour le Bastion Social) au risque d’une absence d’objectifs communs et de coordination.

Au niveau intellectuel, l’Alvarium possède aussi des relais au sein de l’organisme Academia Christiana, comme on vous en a déjà parlé.

Il est utile de préciser qu’en revanche les « associations » connexes à l’Alvarium (le Cercle Ragueneau, La Ruche du 7ème art, Solidarité Anjou-Arménie, Anjou Patrimoine et Anjou Pélerinages) ne sont pas des groupes de leur réseau mais tout simplement les personnes de l’Alvarium qui essayent de se rendre inoffensives en utilisant des prête-noms.

Le budget : le grand point d’interrogation de l’Alvarium

Sur la question des finances, nous ne savons pas grand chose. Jean-Eudes Gannat, si prolixe pour dénoncer les prétendues subventions de la Ville à différentes initiatives progressistes est loin d’être transparent en ce qui concerne le fonctionnement de l’Alvarium. Qui, comment, quoi finance le local ? Quelle est la position du propriétaire ? Est-il un sympathisant pour accepter de participer à une opération aussi nuisible ? Est-ce que c’est parce que Jean-Eudes Gannat à travaillé pour l’entreprise Riwal qu’il a pris l’habitude de ne pas trop parler publiquement d’argent car il a compris que ce sujet pouvait envoyer au tribunal ? L’avenir, sans doute, nous offrira des réponses à certaines de ces questions.

Conclusion : ne nous trompons pas de combat

Malgré leurs échecs flagrants, il convient de ne pas se contenter d’une posture passive et de regarder de temps à autre la page Facebook de l’Alvarium, un sourire en coin. Il est important de rappeler que l’existence de ce groupe est un défi pour toutes les personnes se réclamant de l’antifascisme, l’antiracisme et plus généralement de l’émancipation sociale. Nous devons continuer à rester vigilants et travailler ensemble pour construire un front antifasciste commun qui mette un maximum de bâtons dans les roues à l’Alvarium.

Aux Journées de Synthèse Nationale, à l’automne dernier, Jean-Eudes Gannat disait « Nous sommes conscients que nous ne sommes qu’une petite organisation, nous ne voulons pas nous faire comme la grenouille, plus grosse que le bœuf. » C’est encore trop pour nous et nous nous réjouirons le jour ou l’on n’entendra plus parler d’eux du tout.

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Brutes à Le Mans

Ceci est un bref memento sur la marche aux flambeaux ainsi que les violences fascistes qui ont suivi au Mans dans la soirée du 14 décembre dernier. Il a initialement été publié sous forme d’un fil twitter et n’a été remanié que marginalement afin de faciliter la lecture. Le but est très simple. Il s’agit de répondre à deux questions qui concernent le groupe de fascistes angevin.e.s de l’alvarium. Qui parmi eux/elles ou leurs proches étaient présent.e.s et qui s’est fait arrêter par la police et passera en procès en avril 2020 ?

Si vous n’êtes pas aux faits de ce qui s’est passé ce soir-là au Mans ou si vous avez besoin de vous rafraichir la mémoire il est utile de consulter ce compte-rendu.
Les néo-fascistes de l’alvarium ont relayé l’appel à la marche et n’ont pas eu honte de se targuer ensuite de leur présence à cette funeste soirée.

Si on s’en tient aux militant.e.s qu’on reconnaît formellement (même si derrière les foulards on en remet quelques autres) on voit derrière la banderole Domitille de Champeaux, fleurs en mains, et Dauphyne de la Bareyre à ses côtés :

Il y a aussi Côme « Jus de Pomme » avec le chèche blanc. Un surnom anodin pour un garçon qui semble avoir deux obsessions qu’il expose avec fierté : dieu et les armes !

On peut évidemment compter sur la présence d’un pilier de bar, hum pardon de l’alvarium, Baudouin le Nalio, le tenancier de leur cagibi première (a-)version.

Ou encore un proche ami de Jean-Eudes Gannat (porte-parole autoproclamé de l’alvarium), Antoine Ormain, cul-béni et littérateur raté, et espérons le bientôt maudit, qui s’affiche sous le pseudonyme de « Lys en Fleur ».

 

Voilà qui répond, au moins partiellement, à la question de savoir qui était présent.e.s. Reste à savoir qui est l’angevin parmi les cinq interpellés en fin de soirée ?
Sans surprise, il s’agit bien d’un militant engagé au sein du groupe d’extrême-droite radicale de l’alvarium : Théodore Riant.
Il était à ses débuts un scout-tradi comme Angers en compte tant. Il s’est enhardi ces dernières années et a adopté un look casual dans l’air du temps chez bien trop de fascistes. C’est un fidèle très actif au sein du groupe, que ce soit lors des soirées ou des maraudes il est très présent, ce dès la constitution du groupe.

Pour gagner en crédibilité militante, il a fait le déplacement en Alsace lors de l’occupation de maisons traditionnelles par le désormais dissous Bastion Social. Il a ainsi pu poser fièrement.

Comme pour beaucoup d’angevin.e.s d’extrême-droite, la violence du Bastion Social est très attirante mais il reste un catho-tradi de formation et le voit donc tenir la plus haute bannière lors d’un pélerinage intégriste en mémoire de Cathelineau organisé par un faux-nez de l’alvarium : Anjou Pèlerinage.
Ces derniers mois la petite bande se la joue hooligans et a investi la nouvelle patinoire. Avec drapeaux et écharpes, ce petit groupe de fafs, dont Théodore Riant, suit les matchs de hockey de l’équipe pro des Ducs d’Angers. Malaise dans les tribunes où bien des spectateurs proches d’eux ont pu entendre leurs sorties racistes.

Ce parcours retracé brièvement brosse un portait assez récurrent chez les militant.e.s locaux qui viennent souvent d’une culture d’extrême-droite réactionnaire et fortement empreinte d’un catholicisme traditionaliste mais qui sont fasciné.e.s par des mouvements dont la radicalité s’exprime par la violence de rue.

Voilà, on commence à s’y perdre dans les affaires de violences où sont impliqués des membres de l’alvarium (cela mérite qu’on revienne vite faire le point là-dessus) mais nous ne perdons pas de vue l’objectif de fermer ce local, c’est une étape essentielle pour affaiblir le pouvoir de nuisance des fascistes.

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5 questions sur la venue d’un représentant de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier à l’Alvarium.

Le 22 novembre dernier, un mystérieux « Père Henri » est intervenu au local de l’Alvarium pour animer une conférence sur le thème « France et catholicisme ». Au delà du décryptage de la conférence en elle-même, c’est l’occasion pour nous de revenir sur la communauté traditionaliste si particulière dont est issu ce prêtre : la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier.

1) Mais d’où il sort ce prêtre ?

Le père Henri-Marie Favelin est prêtre et membre de la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier. Il est surtout connu pour animer ponctuellement des cours de catéchisme au 1er étage du bar le Sorbon à Paris. Ces séances appelées « café-caté » portent sur des thèmes aussi joyeux que « La fin des temps ! » ou encore « les premiers seront non seulement les derniers mais devront servir et être crucifiés ».

Pour sa venue à l’Alvarium, le thème était un poil plus politique (forcément) : « France et catholicisme », nous promettait l’affiche qui était illustrée par un tableau représentant le baptême de Clovis (tout un symbole pour nos fascistes locaux qui clament tendre la main aussi bien aux catholiques qu’aux païens).

2) Et d’où elle vient cette Fraternité ?

La Fraternité Saint-Vincent-Ferrier a été créée au début des années 1980. Leur unique couvent se situe à Chéméré-le-Roi (ça ne s’invente pas), au sud de la Mayenne. Celui-ci a récemment été rénové et agrandi grâce à une levée de fonds de 5,5 millions d’euros. On peut dire que leurs donateurs sont généreux (et probablement un peu riches aussi) !

Le père Louis-Marie (né Olivier) de Blignières, qui est à l’initiative de la création de la Fraternité, est issu d’une famille bourgeoise qui possède plusieurs liens avec l’extrême-droite ou le traditionalisme catholique. Son père, Hervé, était chef d’état-major de l’OAS1 et son frère Hugues a été rédacteur en chef de la revue Présent dans les années 80.

3) Est-ce qu’on peut dire que ce sont des « intégristes » ?

C’est compliqué. Le père Louis-Marie de Blignières a été formé à Écône, en Suisse, dans le séminaire de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X et défend les orientations traditionaliste et passéiste au sein du catholicisme. En même temps, la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier s’est rapprochée du Vatican à plusieurs reprises, notamment via la Commission pontificale Ecclesia Dei. Aujourd’hui encore, ils sont reconnus officiellement comme faisant partie de l’Église catholique et du diocèse de Laval. Ils ne sont pas en revanche reconnus par l’ordre dominicain, bien qu’ils disent s’inspirer de celui-ci.

On peut donc affirmer qu’ils sont traditionalistes. Ils célèbrent la messe selon le rite tridentin : messe en latin, le prêtre est dos à l’assemblée, etc.

4) Et politiquement c’est quoi leurs idées ?

Plutôt bien à droite ! Les médias qui leur font de la pub sont parfaitement intégrés dans les milieux nationaux-catholiques : Le salon beige, Riposte catholique, Le rouge et le noir, TV Libertés… Ils sont également proches de l’association SOS Chrétiens d’Orient (https://reflexes.samizdat.net/sos-chretiens-dorient-noel-en-syrie-paques-au-tison/). Et un rapide coup d’œil à la librairie sur le site de la Fraternité nous permet de vite saisir leur vision du monde. La plupart des ouvrages sont écrits ou dirigés par le père Louis-Marie de Blignières (encore lui) comme « Le courage de la paternité » (2018). Certains titres des chapitres de cet ouvrage suffisent à illustrer toute la pensée réactionnaire et conservatrice de son auteur : « Force et violence dans la pensée chrétienne », « Mai 68 ou l’anti-paternité »… Les plus sceptiques pourront toujours se tourner vers un extrait de la préface rédigée par Jean de Viguerie (un ancien du FN) : « L’Église et l’État ne seront plus séparés, une telle séparation étouffant la vie de la grâce. La chrétienté n’est pas un mythe historique. Sa restauration est notre objectif. Il faut combattre, il faut s’engager. » En somme, du nationalisme catholique dans sa plus pure expression.

5) Et leurs liens avec l’Alvarium dans tout ça ?

Les liens entre la Fraternité et les principaux animateurs de l’Alvarium ne datent pas d’hier. Ils sont peut-être à chercher du côté d’Académia Christiana et particulièrement leurs universités d’été. Le père Louis-Marie de Blignières (toujours lui) y intervient inlassablement chaque année depuis qu’elles existent, à savoir 2013. Hors, on sait que ces événements sont aussi l’occasion pour plusieurs membres et proches de l’Alvarium d’aller se « former » (comprendre fumer des clopes, boire des bières et pratiquer des sports de combat) ou filer un coup de main en cuisine. Petit patchwork pour résumer l’édition 2019 en photo :

1 : le père Louis-Marie de Blignières

2 : Baudouin Le Nalio

3 : Arno Guibert (ou « Arnaud Danjou »). Ne vous fiez pas aux gants de boxe, le jeune homme est surtout directeur général de La Nouvelle Librairie à Paris (une librairie nationaliste, évidemment). On vous en avait parlé dans cet article (https://raaf.noblogs.org/post/2018/12/11/gilets-jaunes-protegez-vous-des-taches-brunes/)

4 : A gauche Auxence Fleury, à droite Enguerrand Fleury

5 : Gabriel Tardiveau

6 : Dauphyne de la Bareyre

7 : Il porte le badge de sa femme mais ne vous y trompez pas, il s’agit bien de Jean-Eudes Gannat

8 : A gauche François-Aubert Gannat et à droite Hervé Le Morvan dont on vous a déjà parlé (https://twitter.com/raaf_angers/status/1111955745313038336)

9 : Hugues Soreau (« Hugues Sro » sur Facebook)

10 : Hedwige Fleury

Tout ça pourrait s’apparenter à du camping estival pour jeunes nationalistes, me direz-vous. Le problème c’est que certains d’entre eux se prennent très au sérieux et pensent se préparer à une révolution (rien que ça) conservatrice. Ainsi, Jean-Eudes Gannat déclarait dans le n°6 de la revue L’Étincelle, à propos de l’édition 2018 de cette université d’été : « Comme toujours dans les réunions politiques de droite radicale (au sens noble et véridique du terme), nous avons vu fourmiller cette semaine des concepts absolus, généreux, purs. Allons-nous agir vraiment ou rentrer chez nous en attendant, une fois encore, le grand soir ? »2

En conclusion, on peut dire que la prochaine fois que vous entendrez parler d’une séance de cathé à l’Alvarium, méfiez-vous, celle ci pourrait bien être moins inoffensive qu’elle n’y paraît…

1 L’Organisation de l’armée secrète, mouvement paramilitaire des années 60 ayant pour but de lutter contre l’indépendance de l’Algérie.

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La dérive des incontinents

Une des caractéristiques de l’alvarium est sa propension à la mythomanie. Ils se présentent comme des activistes notamment en multipliant les « projets culturels ». A vrai dire des coquilles vides dont l’existence se limite le plus souvent à l’existence d’un logo aguicheur. Il en va ainsi de leur cercle culinaire ou récemment d’un ciné-club équipé d’un « rétroprojecteur »… Pour exister sur les réseaux sociaux l’alvarium organise cette semaine une conférence sur le groupuscule néo-fasciste Ordre Nouveau.

Si le nom des intervenants n’est pas officiellement annoncé, il n’est pas difficile de comprendre que cette soirée quasiment privée autour du livre « Ordre nouveau raconté par ses militants » sera animée par les auteurs actuellement en tournée : Jacques Mayadoux, ancien candidat aux législatives pour le MPF (Mouvement Pour la France) dans l’Allier et André Michel Chanclu du collectif France-Russie qui se définit sur facebook comme « un groupe d’action français destiné à soutenir l’action hautement bénéfique du gouvernement russe au niveau international ».

Nous vous proposons une brève présentation d’Ordre Nouveau afin que chacun.e sache ce vers quoi notre groupuscule fasciste local tend actuellement, dans une lente mais nette dérive du catholicisme-traditionnel nationaliste et poussiéreux vers le néo-fascisme le plus crade. Le visuel de la soirée est d’ailleurs assez révélateur. Alors que leur discours habituel est de se présenter comme de jeune gens bien sous tous rapports, cette fois l’imagerie tombe en plein dans l’imaginaire des groupes d’extrême-droite ultra-violents. Beau repoussoir sauf pour les ultras-bourrins.

Ordre Nouveau (forme courte du Centre de recherche et de documentation pour l’avènement d’un ordre nouveau dans les domaines social, économique et culturel) fut le plus important mouvement néo-fasciste français d’après-guerre. Actif entre 1969 et 1973, il disposait à son apogée de près de 3000 militants unis sous le symbole de la croix celtique. Créé par des étudiants militants du GUD (Groupe Union Défense) et d’Occident qui fut dissout par le pouvoir, suite au plastiquage d’une librairie maoïste, Ordre Nouveau avait la prétention d’unifier toutes les composantes de la droite nationaliste révolutionnaire, voire plus largement à l’extrême-droite, pour combattre le communisme et les organisations gauchistes d’une part et le pouvoir gaulliste d’autre part. On retrouve les principaux dirigeants du GUD et d’Occident (Alain Robert, Francois Duprat, Jean-Claude Nourry, Gérard Ecorcheville), l’ancien milicien et rédacteur de Minute Francois Brigneau, des proches de Tixier-Vignancourt comme l’avocat Jean-Francois Galvaire, et des anciens de l’Action Francaise et de la Milice (Gabriel Jeantet, Henry Charbonneau). D’anciens de l’OAS on rejoint l’organisation en cours de route. Inspiré du MSI italien, le mouvement se prononce pour l’avènement d’un état nationaliste fort et autoritaire qui rejette la démocratie et l’égalitarisme, le tout saupoudré de racisme et d’antisémitisme.

Doté d’un service d’ordre jeune et aguerri au combat de rue (expérience du GUD face au militants de gauche dans les facs et les lycées), les meetings d’Ordre Nouveau sont l’occasion d’une démonstration de force : casqués et équipés de barres de fer de différentes tailles pour former plusieurs groupes (lanciers, voltigeurs et hommes de troupe) les affrontements avec les antifascistes seront souvent très violents. A plusieurs occasions, dont le 9 mars 1971, son service d’ordre a collaboré de façon très étroite avec la police (des barres de fer avaient été fournies par un agent infiltré des Renseignements Généraux). Durant l’hiver 1973, le Canard Enchaîné révélera qu’Ordre Nouveau négocie avec Matignon le débloquage des affiches du FN, imprimées par le MSI, et immobilisées à la frontière italienne, ainsi que le versement de fonds à Ordre Nouveau et au FN contre le fait que les nationalistes présentent aux élections leurs candidats face aux centristes, voire qu’ils réalisent à l’occasion quelques violences politiques ciblées.
Le 21 juin 1973, Ordre Nouveau prévoit un meeting salle de la Mutualité sur le thème : « Halte à l’immigration sauvage ». Des tracts « Bougnoule go home » seront distribués… Ce soir là, la Ligue Communiste tentera d’empêcher le meeting et le même soir, elle essaiera aussi de prendre d’assaut le local d’Ordre Nouveau. Les policiers débordés de toutes parts subiront de nombreux revers. C’en est trop pour le pouvoir qui décide le 28 juin la dissolution des deux organisations. A partir de 1974, plusieurs attentats à l’explosif, revendiqués par le Groupe d’Intervention Nationaliste, sont perpétrés en France contre des foyers de travailleurs immigrés, des locaux de mouvements de gauche ou anti-militaristes. Le GIN, soupçonné d’être une branche clandestine d’Ordre Nouveau, perpétrera ses méfaits jusqu’à la fin des années 70.

Un militant de gauche livré aux CRS par ceux d’Ordre Nouveau : bon chien-chien.

Ordre Nouveau avec d’autres organisations telles que Justice et Liberté de G. Bidault, le Parti de l’Unité Francaise de Roger Holeindre, le journal Militant de Pierre Bousquet et Jean-Marie Le Pen, est à l’origine de la création du Front National à l’été 1972. Dans l’organigramme du Front National on retrouve à chaque poste de direction un militant d’Ordre Nouveau. Ainsi, aux législatives de 1973, le Front National présente 104 candidats. Le Pen profite de la dissolution d’Ordre Nouveau pour virer Robert et Brigneau du bureau politique du FN et s’approprier la direction du parti pour de nombreuses années.

Comme un air de famille…

Il est patent que la soirée organisée par l’alvarium tient de l’apologie pure et simple d’un mouvement fasciste.

Cela ne semble pas offusquer notre maire. Actuellement fort affairé à couper de multiples rubans d’inaugurations, il semble avoir fait vœu de silence sur tout ce qui semble « politique ». Un élu de sa majorité porte son écharpe à une manifestation anti-PMA ? Silence de M. le maire. Des angevin.e.s posent se questionnent sur l’actuel foisonnement de la vidéosurveilance et sur le futur projet de « Smart City » ? Silence de M. le maire. Un local fasciste ouvre en plein centre-ville ? Silence de M. le maire.

Cela ne semble pas plus offusquer le préfet bien plus prompt à criminaliser tout mouvement social, que ce soient dernièrement les gilets jaunes, les réquisitions de logements ou en tentant d’empêcher le rassemblement antifasciste du 21 septembre.

Ce tableau n’est pas nouveau. A y regarder de près c’est même une vieille croûte.

C’est une bien utile leçon de l’histoire que de se remémorer qu’Ordre Nouveau a été aux ordres du pouvoir et qu’il a même été instrumentalisé par celui-ci. Aujourd’hui, sous une apparente indifférence, c’est bien d’une complaisance coupable des pouvoirs locaux dont bénéficie l’alvarium. Quant à nous, de la première tentative d’ouverture d’un local fasciste, nous avons appris qu’une mobilisation large, populaire et déterminée paiera. Ensemble, fermons l’alvarium.

Sources :

François Duprat, Une Histoire de l’Extrême-Droite. Webdocumentaire
Bêtes et méchants, petite histoire des jeunes fascistes francais. Editions Reflex
Les plastiqueurs, une histoire secrète de l’extrême-droite violente, Frédéric Charpier. Editions La Découverte.
La Horde, https://lahorde.samizdat.net
Au racines du FN, l’histoire du mouvement Ordre Nouveau, Nicolas Lebourg, Jonathan Preda et Joseph Beauregard. Fondation Jean Jaurès, disponible en téléchargement.

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Communiqué du RAAF – Rassemblement du 21/09/2019

Le préfet du Maine-et-Loire a pris un arrêté d’interdiction de « la manifestation des anti-fascites » dans le centre-ville d’Angers (http://www.maine-et-loire.gouv.fr/manifestation-des-anti-fascites-a-angers-samedi-21-a6648.html).

Un peu de sémantique et d’orthographe s’imposent. D’abord, il a toujours été question d’un rassemblement et non d’une manifestation. Secundo, il serait souhaitable de parler d’antifascistes en un seul mot et avec un « S » devant le second « T ».

Nous constatons sans surprise, qu’une nouvelle fois l’état et les pouvoirs publics se montrent plus tolérants à l’égard de l’implantation d’un local fasciste qu’envers celles et ceux qui n’acceptent pas de reculer face à l’extrême-droite.

Cet événement local s’inscrit dans une tentative d’étouffement de toute contestation sociale émancipatrice. Nous ne sommes pas dupes quant à la manœuvre. En fonction de ses intérêts immédiats, l’état aime se forger un ennemi de l’intérieur bien pratique pour faire oublier les vrais problèmes de précarité, de chômage, d’inégalité, de racisme, de sexisme, d’homophobie, etc. Quand ce ne sont pas les réfugié.e.s, les syndicalistes, les gilets jaunes, les habitant.e.s des quartiers populaires, les pauvres, ce sont les « antifas » qui peuvent être jetés en pâture comme c’est aujourd’hui le cas à Angers. Le mouvement antifasciste est criminalisé pour pouvoir faire accepter à l’opinion publique sa répression.

Parce l’antifascisme n’est pas un crime, nous ne céderons pas et maintenons notre appel à rassemblement ce samedi 21 septembre, à 15h, au kiosque du jardin du Mail, en face de la mairie, en dehors de la « zone rouge ». Il est crucial que les angevin.e.s puissent exprimer leur rejet de l’extrême-droite en même temps que leur attachement aux libertés individuelles et collectives.

Le RAAF

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Quand les fafs nous racontent des histoires

Le 20 juin dernier sur leur facebook, l’alvarium proposait des cours de soutien en vue des épreuves du bac 2019. En matière d’histoire s’agissait-il de révisions ou de révisionnisme ? Quel est leur regard sur l’histoire, quels sont les événements historiques qu’ils mettent en avant dans leurs publications ? Bien-sûr, ils ne passent pas leur temps à parler du passé mais les posts relatifs à l’histoire dégagent bien une idéologie. A vous de trouver laquelle au travers des quelques exemples, parmi les plus révélateurs, ci-dessous.

 

Jacques Cathelineau :

Né le 5 janvier 1759 au Pin-en-Mauges et mort le 14 juillet 1793. Il fut, le 12 juin 1793, au cours de la guerre de Vendée pendant la Révolution française, nommé généralissime de l’Armée catholique et royale forte de 36000 hommes. Il attaque Nantes, bataille perdue par « les vendéens ». Blessé lors des combats, il meurt à Saint-Florent-le-Vieil. Cette période terrible de la Révolution française fut depuis toujours instrumentalisée par les réactionnaires pour mettre en avant les horreurs de la république. Certain.e.s parlent même de « génocide vendéen », ce qui est faux et écarté du débat historiographique. La multiplication des récits exaltant les exploits et dénonçant les exactions des blancs comme des bleus a abouti à développer l’idée que la guerre de Vendée constitue une sorte d’exception. Or des hostilités conduisant à des massacres analogues ont été constatées en Belgique, en Corse, dans le Pays Basque sud ou à Naples. Le double caractère politique et religieux participe à la mise en avant d’un conflit particulier, anjou pèlerinages et bien d’autres personnes avant eux définissent Cathelineau comme « le Saint de l’Anjou ». A la fin du 19ème siècle, un dossier de béatification fut proposé mais jamais l’église n’a accédé à cette requête.

Sources :

Guerres et histoire n°42 (avril 2018)

chaîne YouTube Histony toute une série sur la révolution française

Petit Mourre dictionnaire d’histoire universelle

 

Abel Bonnard :

Mais qui est cet Abel Bonnard né le 19 décembre 1883 à Poitiers et mort le 31 mai 1968 à Madrid ? Écrivain, poète, membre de l’académie française, son œuvre de poète, de romancier et d’essayiste exprime un nationalisme d’essence maurrassienne et développe une pensée marquée par l’antiparlementarisme et l’antisémitisme. Pensée qui devait le conduire à signer, en 1935, le Manifeste pour la défense de l’Occident et de la Paix en Europe, et à adhérer à la fin des années 1930 au Parti Populaire Français de Doriot. Membre d’honneur du Groupe Collaboration, ministre de l’éducation du gouvernement de Vichy d’avril 1942 à août 1944, certains disent de lui que c’est un mondain devenu ministre. Dans son livre «Eloge de l’ignorance» paru en 1926, il affirme que le peuple n’a pas besoin d’être instruit, ce dernier étant trop sublime pour que cela soit nécessaire car le peuple porte en lui une richesse naturelle qui le dispense d’être éclairé… Voilà tout un programme pour un ministre de l’instruction (pas de l’éducation ça fait trop Front Populaire pour lui). Bien-sûr avec un CV comme cela il finira avec les ultras de la collaboration à Sigmaringen. Condamnéà mort par contumace à la libération car en fuite à Madrid, sa peine sera revue dans un second procès : 10 ans de bannissement avec sursis… Il finira sa vie à Madrid refusant de revenir vivre en France ce pays ingrat qui l’a condamné.

Sources :

site de l’académie française

chaîne YouTube linguisticae

revue d’histoire moderne et contemporaine tome 43 n°3

Wikipédia

 

Robert Brasillach :

Né le 31 mars 1909 à Perpignan, fusillé le 6 février 1945 au fort de Montrouge, à Arcueil, c’est un écrivain, journaliste et critique de cinéma français. Pendant les années 30, il écrira dans les journaux Létudiant français et l’Action Française avant de devenir le rédacteur en chef du journal Je suis partout. Cette dernière publication soutiendra dès sa création tous les mouvements fascistes qui émergent dans toute l’Europe. Bien-sûr pendant l’occupation il reprendra ce poste et défendra la politique de collaboration, allant par exemple rendre visite aux soldats de la Légion des Volontaires Français sur le front de l’est. Après la Libération, en septembre 1944, sa mère et son beau-frère Maurice Bardèche, ayant été arrêtés pour faire pression sur lui, il se constitue prisonnier. Il est poursuivi pour intelligence avec l’ennemi. Son procès, qui s’ouvre le 19 janvier 1945 devant la cour d’assises de la Seine, dure six heures. Il est condamné à mort. Dans les jours qui suivent, une pétition d’artistes et d’intellectuels renommés, parmi lesquels Paul Valéry, Paul Claudel, François Mauriac, Daniel-Rops, Albert Camus, Marcel Aymé, Jean Paulhan, Roland Dorgelès, Jean Cocteau, Colette, Arthur Honegger, Maurice de Vlaminck, Jean Anouilh, André Barsacq, Jean-Louis Barrault, Thierry Maulnier, demandent au général de Gaulle, chef du gouvernement provisoire, de gracier le condamné. Le général choisit de ne pas commuer la peine. Le 6 février suivant, Brasillach est fusillé au fort de Montrouge.

Le poème cité sur la page facebook de l’alvarium a été écrit en prison à Fresnes et il fait référence à la manifestation du 6 février 1934.

sources :

wikipedia

plusieurs site d’extrême droite dont nous ne souhaitons pas ici faire la publicité

 

«Quand l’esprit se souvient, la flamme se maintient ! En cette date symbolique, la communauté de l’alvarium rendait hommage à tous les camarades tombés pour la cause nationale. Aux morts du 6 février 1934, à ceux qui les précédèrent et à tous les autres jusqu’à nos jours : présent !»

6 février 1934 :

Ici l’alvarium poste les photos d’un hommage, rendu le 6 février 2019, aux morts du 6 février 1934. On peut noter que sur la gerbe de fleurs déposée au pied de la statue de Jeanne d’Arc à Angers il est inscrit « à nos morts du 6 février » sans précision quant à l’année. Ils peuvent ainsi rendre hommage à Brasillach fusillé à cette date. Ceci dit, que sait-on de ce 6 février 1934 et pourquoi cette date est importante dans l’imaginaire de l’extrême-droite française ?

Cette manifestation émeutière trouve son origine dans l’affaire Stavinsky et dans le limogeage du préfet de police de Paris. Éclaboussé par le scandale Stavinsky, le gouvernement Chautemps a démissionné le 28 janvier. Le 6 février est la date à laquelle le nouveau gouvernement, présidé par Édouard Daladier, doit être présenté à l’Assemblée. Or, avant cette échéance, Daladier a limogé le préfet de police Jean Chiappe, réputé proche des ligues d’extrême-droite. L’Action Française est en pointe depuis janvier dans la dénonciation du « gouvernement des voleurs » et de « l’étranger » Stavinsky. Cette ligue monarchiste mobilise régulièrement ses adhérents via son journal quotidien qui connaît à cette époque son maximum d’impression. Ce 6 février participent aussi les Jeunesses Patriotes de Pierre Taittinger, la Solidarité Française, et surtout les Croix de Feu du colonel de La Rocque. On trouve également les anciens combattants de l’UNC, classée à droite, et ceux de l’ARAC, proche des communistes. Les échauffourées feront 15 morts et 2000 blessés. Édouard Daladier démissionnera. Ces évènements cristallisèrent le clivage entre deux camps au sein de la société française. Le pôle national-sécuritaire et le pôle social-humanitaire. Le PCF abandonna alors la ligne « classe contre classe » pour une stratégie de « front populaire » sous la bannière de l’antifascisme, ce qui permit de rassembler des groupes sociaux dont les intérêts économiques étaient différents mais unis par la volonté de faire barrage à l’extrême-droite. Une multitude de comités antifascistes virent le jour et participèrent activement quelques années plus tard à l’émergence du Front Populaire.

Sources :

France Culture, La Fabrique de l’Histoire, Médias et opinion publique, 25/05/2016

wikipedia

Gérard Noiriel, Une histoire populaire de la France, éditions Agone

 

Sébastien Deyzieu :

Chaque année, le 9 mai, une partie de l’extrême-droite radicale se retrouve à Paris pour une manifestation en hommage à Sébastien Deyzieu.

Le 7 mai 1994, est organisée une manifestation à l’appel du GUD et de Jeunesse Nationaliste Révolutionnaire, intitulée « Bienvenue aux ennemis de l’Europe ! ». Elle visait à critiquer l’« impérialisme américain », notamment à l’approche des commémorations du 50ème anniversaire du débarquement allié le 6 juin 1944. La manifestation étant interdite, les participants furent immédiatement pourchassés par la police et un sympathisant de l’Œuvre Française, Sébastien Deyzieu, fit une chute mortelle d’un immeuble à quelques dizaines de mètres d’Assas en essayant de s’échapper. Il décède le 9 mai.

Sources :

Bêtes et méchants, Petite histoire des jeunes fascistes français, éditions REFLEX

 

Se targuant d’oeuvrer dans le registre « social » les références historiques de l’alvarium mettent bas les masques tant elles font froid dans le dos : au mieux réactionnaires, le plus souvent autoritaires, factieuses, voire fascistes, collabos et antisémites. Comme d’habitude, l’alvarium n’est pas à une contradiction prêt.

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La merde revient,Tirons la chasse

Angers se trouve à nouveau défigurée par l’existence d’un local fasciste en plein centre-ville.


La bande de cathos-tradis-identitaires qui agit sous le nom d’alvarium retient mal les leçons du passé, même très frais. En 2018, ils avaient tenté de s’implanter avenue Pasteur dans le quartier populaire de Savary. Rapidement tout et tout le monde s’était ligué contre leur projet. Les fascistes étaient vite devenus une source de nuisance sonore tout en multipliant les intimidations envers les voisin.e.s de l’immeuble. Les habitant.e.s du quartier les prenaient régulièrement à partie. Leur façade avait été « redécorée » à de multiples reprises. Stigmatisés, ils rasaient les murs et leur projet mégalo prenait eau de toutes parts. Même leur propagande délirante et hors-sol ne pouvait cacher leur échec à organiser autre chose que des beuveries. Le local n’a pas passé l’année. Ils étaient la risée d’une ville liguée contre eux et dont la mobilisation régulière et déterminée de la population avait pour notre plus grande joie abrégé l’agonie du local.

Malheureusement, riches de leurs relations d’enfants de bonnes familles ils tentent de remettre le couvert, avec un local situé au 31, rue du Cornet, à deux pas de la rue Saint-Laud. D’abord ouvert en catimini, avec une ouverture officielle prévue à la rentrée, le secret a tôt été éventé en partie grâce à la vigilance antifasciste. Ce local peut sembler anecdotique, par rapport à l’actuelle diffusion générale des idées réactionnaires en France et dans le monde, mais c’est le symptôme local d’une montée de l’extrême-droite qu’il est encore temps de combattre.

Cette ouverture est donc une provocation que, comme la précédente, nous ne tolérons pas.

Nous ne pouvons tolérer les discours racistes masqués d’un fin vernis « social ». Nous ne pouvons tolérer que l’extrême-droite se targue de solidarité alors que dans toutes ses actions, elle ne fait que défendre les inégalités. Nous ne pouvons tolérer leurs éternelles sorties sexistes, homophobes, transphobes à longueur de réseaux sociaux.

D’ailleurs, qui peut tolérer une bande qui ne se contente pas de mots et passe régulièrement à l’action ? Qui peut tolérer qu’un François-Aubert Gannat puisse dire à un homme noir « même mon chien est d’une race supérieure » ? Qui peut tolérer une bande qui a couvert la maison de quartier de Belle-Beille de graffitis en soutien au sanglant Bachar-el-Assad ? Dictateur que Jean-Eudes Gannat est allé visiter aux frais de la princesse. Qui peut tolérer de soi-disant maraudes faisant le tri au faciès entre les bons et les mauvais SDFs ? Qui peut tolérer les multiples croix celtiques sur des locaux associatifs comme les Restos du Cœur, sans parler des attaques de réquisitions où vivent SDFs et migrant-e-s ou encore les tentatives d’incendies de locaux associatifs ? Qui peut tolérer ce climat d’impunité ?

Une dernière question : qui sera la prochaine victime de leur haine ?

La possession d’un local est pour eux une question de survie politique. Sans base logistique leur groupe perd une grosse partie de sa capacité de nuisance. Il faut donc mettre un terme rapide à son existence.

Nous n’attendons pas grand-chose des institutions locales. La majorité municipale se montre complaisante avec l’extrême-droite et compte toujours en son sein des élus proche de la Manif pour tous. Mais nous savons aussi qu’une forte mobilisation peut mettre tout ce petit monde devant ses responsabilités. A l’approche des municipales, il importe que soient mis bas les masques.

Quant à nous, plutôt que dans les urnes, nous pensons que l’extrême-droite se combat avant tout dans nos rues, sur nos lieux de travail, dans toutes les activités et lieux qui font notre quotidien.

Nous n’attendrons donc pas une prochaine victime.

Parce qu’à Angers l’extrême-droite s’est toujours heurtée à une mobilisation populaire déterminée, nous appelons à un rassemblement, samedi 21 septembre, à 15h, place du pilori.

L’antifascisme c’est l’affaire de tou.te.s !
Fermons le cagibi qui sert de repaire à l’alvarium !

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