Qui est-ce ?

Initialement paru sous forme de « thread » via notre compte Twitter, nous l’archivons ici sous forme d’article de blog :

Ces jours les journaux sont pleins de l’ « action sociale » de l’alvarium. Les images du Courrier de l’Ouest de la manif de samedi mettent en lumière ce « dévouement » des militants fascistes. C’est justice que de revenir sur leur « œuvre » individuelle dans un thread.

Paul Pichon arrive de Versailles où il militait chez les fascistes d’Auctorum. Il a été inculpé pour les violences commises lors de l’ouverture du pseudo-squat de l’alvarium Relaxé. « Les faits sont insignifiants » dixit le juge. #impunité

Ce procès impliquait Baudouin Le Nalio, ancien scout si affable qu’on l’a vu aider la BAC ce samedi. Relaxé pour le même motif. Après une telle décision de justice il ne faut pas être surpris qu’il se sente autorisé à s’armer d’une batte dans la rue.

François-Aubert Gannat Violences, agressions et injures racistes, « chasse aux noirs et aux arabes », chants/saluts nazis lors d’une virée nocturne d’une 15aine de fascistes en oct. 2016 à #Angers. Condamné à 10 mois avec sursis + 175h de TIG.

François-Aubert Gannat, bis. Injures racistes et suprémacistes en mai 2017 : « Ton pote est d’une sous-race. Même mon chien et mon singe sont d’une race supérieure à la sienne ». Condamné puis relaxé suite à une erreur du parquet de la cour d’appel.

Mayeul Michon Du Marais, le lyonnais poursuit ses études à #Angers. Poursuivi pour agression raciste en mai 2018. Relaxé au bénéfice du doute.

Théodore Riant « Graphiste » de l’alvarium. Participation aux agressions avec armes (batte de base-ball, matraque, poings américains) à #LeMans en déc 2019. Condamné : amende de 300 à 600€ et interdiction de détenir une arme pendant 3 ans.

Jean-Eudes Gannat Le petit chef se débat toujours en pleine affaire #Comunotec et ses dernières justifications dans la presse n’ont pas été convaincantes, il n’a pas répondu sur le fond et l’affaire est loin d’être close.

Le problème avec l’alvarium ne vient pas d’une ou 2 brebis galeuses et nous pourrions ressortir d’autres histoires avec des militants qui ne sont pas sur la photo. Le problème est simple : c’est l’existence même de l’alvarium.

#FermonsLAlvarium

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L’étincelle attaquée par des fascistes – Organisons la riposte !

 

L’étincelle – lieu associatif, associatif et autogéré a été une nouvelle fois la cible d’une attaque menée par les fascistes locaux.
Organisons la riposte antifasciste, faisons barrage à l’extrême-droite ici et maintenant.

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Benoît Couëtoux du Tertre et l’institut Iliade : pathétique épopée

Depuis quelques années, les fascistes angevins se rêvent mauvais garçons. Ils cultivent le look « casual » des hooligans. Mais leurs coupes venues tout droit des années 30, et leur attitudes guindées trahissent une extraction le plus souvent bourgeoise. Loin de cet apparat de basse-cour, Angers cache un briscard de l’extrême-droite qui ne s’est jamais départi de ses fines petites lunettes, de son barbour défraîchi et de son air de vicomte fauché rentrant bredouille de la chasse. Permettez-nous de vous présenter le parcours de Benoît Couëtoux du Tertre.

 

Les années de formation : jeune et déjà vieux

Lors de ses années étudiante « BCdT » trainait parfois sur le campus universitaire de Belle-Beille , à Angers, avec le groupuscule fasciste du Renouveau Etudiant. Bien éloigné de toute activité syndicale, l’éphémère groupe angevin avait une forte coloration nationaliste-révolutionnaire et ses militants n’hésitaient pas par exemple à camoufler leur antisémitisme derrière un soutien de façade à la Palestine. Dans la seconde moitié des années 1990, leur militance se limitait le plus souvent à coller des stickers mais, ils se sont aussi essayés à la provocation envers les syndicalistes et étudiant.e.s grévistes. Sous la houlette d’un prof de droit, ils ont tenté, sans succès, d’évacuer à coups de casques de motos un amphi où se tenait une AG. Ils ont enfin avec de nombreuses affiches, nuitamment rebaptisé l’université au nom du collabo Robert Brasillach. A cette époque BCdT est présent mais selon les témoignages peu porté sur la violence, il est physiquement en retrait.

Au Renouveau Etudiant il n’y avait pas que l’index de tendu.

 

Benoît Couëtoux du Tertre tente de faire peuple

Il ne fera pas plus d’étincelles au sein du Front National. Il lui restera néanmoins fidèle lors de la scission d’avec le MNR en 1999. L’engagement militant fondateur de BCdT va plutôt se jouer au sein de Terre et Peuple. Fondé par Pierre Vial fin 1994, ce mouvement lui convient par sa vision téléologique de la civilisation européenne. Le mouvement place celle-ci en filiation directe avec la prestigieuse civilisation grecque, enrichie et nourrie par le Moyen Âge et vue comme une belle idée croissant jusqu’à nous et dont nous serions les héritier.e.s devant assurer sa passation. Le paganisme n’est pas rejeté à la marge comme peut le faire l’extrême-droite catholique traditionnelle. Au contraire les mythes et légendes donnent à Terre et Peuple sa coloration « volkish ». C’est à dire que le « peuple » renvoit à une identité plus qu’à une masse. Le passé revêt une implication directe dans le présent. Plus que l’espérance d’un retour du passé, celui-ci est pour eux une filiation. Il y a une référence récurrente chez Terre et Peuple à l’enracinement. BCdT écrit des articles pour leur journal.

Le mouvement souffrira à de multiples reprises du côté girouette politique de Pierre Vial et il perdra notamment des forces à la scission du FN. Toujours est-il que Benoît Couëtoux du Tertre s’y épanouira et c’est même lui qui emmènera la « bannière Anjou » en 1999.

Seulement Terre et Peuple n’est pas une organisation de terrain et bien que prudent de nature BCdT a envie d’en découdre. L’arrivée des « Identitaires » dans le paysage politique au début des années 2000 va lui permettre de s’appuyer localement sur quelques jeunes recrues pour passer à l’action.

Puni pour avoir oublié son cartable

Le 8 avril 2011, le conseil municipal d’Angers se réunit avec à l’ordre du jour un point sur le construction de la future mosquée. Le conseil se tient sous l’égide du maire PS de l’époque, Jean-Claude Antonini. Un petit groupe de six personnes baptisé « Anjou Identitaire » fait irruption dans la salle du conseil, les visages mal cachés derrière de petits masques de cochons ils entonnent « Pas un sou pour la mosquée. Angers n’est pas une terre d’Islam ! » en jetant des tracts à la volée.

Les plus bêtes ne sont pas celles que l’on croit.

Par maladresse le chef improvisé BCdT va oublier dans la salle son cher cartable et se fait pincer en revenant le chercher. C’est fort gênant mais celui qui est fonctionnaire à la Préfecture va passer en procès pour un simple « délit d’entrave », la qualification raciste n’ayant pas été retenue par le Parquet. Le préjudice pour lui sera donc très relatif car il sera relaxé en appel et mis au placard pour un temps à la sous-préfecture de Segré, avant de revenir à Angers comme si de rien n’était.

Le vent du boulet est passé très près et désormais il va localement se tenir à carreaux et faire preuve d’une grande discrétion. Pour autant, ce n’est certainement pas la fin de son engagement. En 2013, Dominique Venner, un des idéologues de l’extrême-droite se donne la mort par arme à feu devant l’autel de la cathédrale Notre-Dame. Dans ses dernières volontés exposées peu avant à certains amis dont Le Gallou, il désirait qu’ils fondent un institut qui deviendra Iliade.

Iliade : amnésie sélective

Iliade, « institut pour la longue mémoire européenne » peut-être présenté par lui-même  tant sa visée est explicitement raciste : « L’Institut ILIADE accompagne tous ceux qui refusent le Grand Effacement, matrice du Grand Remplacement. ». Pour ce faire, il organise notamment un colloque annuel qui autour d’une hématique voit se succéder à la tribune toute la crème de l’extrême-droite la plus dure : Alain de Benoist, Renaud Camus, Jean-Yves Le Gallou, Charlotte d’Ornellas. « 2019, Europe le temps des frontières » était par exemple le thème retenu pour un des derniers colloques. Et c’est BCdT qui en prononcera l’allocution de clôture  https://www.youtube.com/watch?v=TdXNSEjO4E8

L’institut brasse large et cherche à diffuser une vision de l’histoire qui a de nombreux points en commun avec Terre et Peuple. Là encore, la culture grecque ou du Moyen Âge sert de prétexte à développer une vision racialiste et fermée de l’Europe. Le discours a lui aussi de forts accents païens. L’institut se place lui aussi sur le terrain métapolitique et œuvre en vue d’une hégémonie des idées d’extrême-droite dans les mentalités. Notre angevin en tant que secrétaire-général tient une bonne place dans ce cirque et semble être l’homme de confiance au service de la cause. Pendant longtemps l’institut avait pour siège social son domicile.

Quant à son épouse, Fabienne, elle a un temps officié en tant que trésorière. L’implication de la famille va jusqu’à leur fille Aurore qui met son savoir-faire (à défaut de talent) d’élève des beaux-arts à disposition de l’institut pour créer une des tentures qu’on voit dans les vidéos sur le côté de la scène. Aujourd’hui encore, l’institut est domicilié à Angers via une boîte postale.

Pour le symbole, les angevin.e. apprécieront le message délivré sur twitter par le conseiller municipal d’Angers pro Manif Pour Tous, Maxence Henry. A l’occasion de la parution d’une vidéo de l’institut intitulée « Ni Lampedusa, ni Bruxelles, être européen ! ». Il s’exclamera « tellement juste » (source : http://ldh49.over-blog.org/2017/04/le-bloc-identitaire-en-anjou-des-jeunes-et-des-moins-jeunes.html). Triste ironie du sort de constater que les idées de celui qui a subverti un conseil municipal y siègent désormais en toute légalité. Cela est révélateur du travail de tout un pan de l’extrême-droite qui en dehors du champ des partis traditionnels cherche à placer son idéologie au pouvoir en instrumentalisant la culture. C’est en cela que l’exemple de Benoît Couëtoux du Tertre méritait quelques lignes.

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Une réunion fasciste à Angers… rien de bien « Chic »

Mercredi 14 octobre, à Angers, le Chic, bar situé au 8 rue des Houlières, a été privatisé pour accueillir en toute sérénité une (extrême) droite conservatrice et décomplexée. Le tout à l’initiative de Racines d’Avenir, organisation nationaliste. Voici un petit point d’une situation loin d’être « chic ».

Racines d’Avenir, c’est quoi ce truc ?

A l’origine, Erik Tegnér

Mais qu’est-ce que Racine d’Avenir ? Mouvement fondé par Erik Tegnér, dont la famille est historiquement liée au Front National (Marcel Chéreil de la Rivière, son grand-père est un ami historique de Jean-Marie Le Pen, son oncle est l’ancien maire FN de Toulon), ce dernier a d’abord été encarté au Front National en 2011 avant de rejoindre le parti des Républicains en 2012 (UMP à cette époque).

Nous avons là un clown qui sait donc parfaitement jongler entre la droite libérale et l’extrême droite réactionnaire. Soutenu par l’extrême droite électoraliste (Sébastien Chenu, porte parole du RN, Nicolas Dupont-Aignan, patron de Debout la France, Jean Frédéric Poisson, etc.), il défend ouvertement les prises de position des néofascisants au pouvoir comme Victor Orban (6)(8). En outre, Erik Tegnér a déjà prôné une alliance avec Marine Le Pen (7).

Erik Tegnér, un proche de Marion Maréchal et d’Eric Zemmour et partisan de la Convention de la droite

Erik Tegnér est également l’un des trois organisateurs de la « Convention de la droite » – ou plutôt de l’extrême droite (10) – à laquelle a participé Eric Zemmour et Marion Maréchal. Dans le prolongement de ses prises de positions empuanties, il a suivi une formation en 2018 à l’ISSEP dont la directrice n’est autre que Marion Maréchal (9).

Erik Tégner passe le flambeau, Racines d’Avenir garde la cap

Aujourd’hui Erik Tegnér n’est plus président de Racines d’Avenir. Il s’agit désormais d’Eddy Casterman, maire-adjoint d’Englos (Nord) et assistant parlementaire du sénateur Vincent Segouin. Aussi, Racines d’Avenir reste encore et toujours un mouvement conservateur d’extrême droite proche d’Erik Zemmour et des Jeunes Républicains (succursale de LR) qui tente de dédiaboliser son extrémisme de droite. La preuve en image :

Un petit panorama du Mouvement Racines d’Avenir à l’échelle nationale, ça vous dit ? Le voici. A sa tête, on retrouve Eddy Casterman, assisté de Pierre Louis Delauney, membre des Jeunes Républicains. L’Étudiant Libre, journal d’extrême droite, fait de lui un portait élogieux qui n’a pourtant rien de glorieux. Aussi, élevé par les scouts, on apprend par la suite qu’il deviendra responsable de la Cocarde étudiante de Rouen.

Racines d’Avenir est ainsi composé de 3 secrétaires généralaux adjoint-e-s et de 3 portes-paroles. L’un des portes paroles, Victor Bonnin, a particulièrement attiré notre attention… En effet, ce dernier, originaire de Cholet, n’y est pas pour rien dans l’organisation de cette petite rencontre fascisante angevine au Chic.

Racines d’Avenir Pays de la Loire au Chic, une rencontre animée par Victor Bonnin… en présence de l’Alvarium

Il semblerait que Victor Bonnin était l’animateur de la soirée, comme l’atteste la photo ci dessous. Il est porte-parole (voir organigramme ci-dessus) ainsi que représentant régional de Racines d’Avenir qui revendique être un « mouvement de jeunesse conservateur et populaire ». Il semblerait aussi que Gaspard Beaumier, membre de l’Alvarium avec son t-shirt apparent, ne se soit pas fait refuser l’entrée. L’Alvarium aurait-il une incohérence idéologique, lui qui est censé être contre le système, le RN et les Républicains ? A moins que l’union des droites voit dans les organisations fascisantes comme l’Alvarium une stratégie et un mouvement de fond pour faire évoluer l’extrême droite française.

D’autre part, Victor Bonnin, choletais de 18 ans, étudiant en droit et sciences politiques à Rennes 1, a participé à la campagne de Gilles Bourdouleix (mairie de Cholet). Pas la peine de développer son idéologie, en un tweet tout est dit :

Une union des droites de l’extrême-droite à Angers

C’est dans ce cadre de pensée qu’une soixantaine de nationalistes (selon les organisateurs-ices qui en attendaient 70) et autres fascistes se sont réuni-e-s à l’initiative de Racines d’Avenir Pays de La Loire au café le Chic pour y discuter de la ‘‘dictature de la pensée unique’’ :

Apparemment, « l’union des droites » (11) prônée par Erik Tegnér a le vent en poupe dans la sphère fascisante angevine. Reprise par Eddy Casterman à la tête de Racines d’Avenir et par ses colistiers comme Victor BONNIN dans les Pays de la Loire, cette convergence mange dans la même gamelle que les nationalistes.

Procédons par ordre… Parce qu’il y avait du beau monde parmi cette sphère conservatrice.

Sébastien Pilard

Commençons par la présence de Sébastien Pilard(@spilard). Sa doctrine converge largement vers les idéaux nationalistes, racistes, et anti-PMA. Co-fondateur de Sens commun, conseiller chez les Républicains pour les Pays de la Loire, il s’est fait remarquer pour un de ses dîners avec Marion Maréchal, elle même proche d’Erik Tegnér (1). Aussi, sa présence n’est pas passée inaperçue au Chic parmi ses congénères racistes et xénophobes, quelques jours après avoir participé à la manif pour tous de Nantes le samedi 10 octobre 2020, comme le témoigne ce tweet :

Agnès Thill

Ensuite, c’est au tour d’Agnès Thill de faire le déplacement depuis l’Oise, certainement parce que cette ancienne députée de LREM est à l’aise dans le milieu de l’extrême droite électoraliste, notamment quand il a fallu porter avec le Rassemblement National (RN) un projet de loi visant à interdire l’écriture inclusive (2). Elle est aussi farouchement opposée à PMA (3)… Tiens tiens, Mme Thill aurait-elle des affinités idéologiques avec son homologue Sébastien Pilard ?

Guillaume Bernard

Nous ne sommes pas non plus passé-e-s à côté de la présence du conservateur Guillaume Bernard. Il est notamment à l’initiative de l’ « appel d’Angers pour l’union de la droite », relayé par le magazine nauséabond Valeurs Actuelles pour lequel il est aussi chroniqueur…. De quoi ravir nos idéologues de Racines d’Avenir. Pas la peine de préciser (mais on le fait quand même) qu’il est opposé à la PMA et est pro manif pour tous… de quoi ravir, cette-fois ci, Agnès Thill.

Professeur à l’ICES, Guillaume Bernard donne également des cours sur « les valeurs de la droite » à l’Institut de Formation Politique (IFP) de Sèvres qui propose « une formation à la fois intellectuelle et pratique, ouverte à toutes les sensibilités de droite : libérale, conservatrice, souverainiste, identitaire », selon son directeur Alexandre Pesey (4).

Guillaume Bernard nage donc comme un poisson dans l’eau quand il professe sa pensée conservatrice à l’IFP. Lui-même avoue que l’«IFP est un laboratoire dans lequel le processus de convergence des droites est possible » (4). Au moins, il doit bien s’entendre avec Marion Maréchal, puisqu’elle même intervient à l’IFP… Oui, la même qui se tape des bouffes avec Sébastien Pilard. Pas la peine de préciser (mais on le fait encore), qu’il a participé à la manif pour tous au même titre que Sébastien Pilar et Agnès Thill.

L’UNI présente avec Jacques Smith

Sommes nous étonné-e-s de la présence de L’UNI à cette soirée ? Non. Ce syndicat qui gangrène le monde universitaire par ses idéaux libéraux et conservateurs est trop souvent présenté comme ‘‘proche de la droite’’.

Pourtant, l’UNI surfe davantage sur une idéologie nationaliste bien ancrée (5). Cherchant à « promouvoir une « certaine idée de la France », de sa civilisation et de son Ecole », cette organisation s’est construite en opposition à mai 68 qu’elle considère comme des événements qui discréditent et mettent à terre les « les repères et les institutions (famille, école, nation, armée, …) sur lesquels reposait la société française ».

Dire que cette organisation est de droite est un euphémisme : elle est d’extrême droite. La preuve encore ce mercredi soir en honorant sa présence au sein de la fachosphère angevine :

Aussi, c’est par l’intermédiaire de Jacques Smith que l’UNI a été présentée en cette soirée. Responsable de l’UNI Paris Nanterre, cet étudiant en sciences politique semble s’entendre à merveille avec Eddy Casterman, président de Racines d’Avenir :

Il est aussi très fière d’être (d’extrême) droite au même titre que son pote Victor Bonnin, organisateur de la soirée au nom de Racines d’Avenir :

Un soutien de la presse d’extrême droite : l’Incorrect et l’Étudiant libre, partenaires et présents

L’incorrect : le mensuel correctement d’extrême-droite

On notera aussi le soutien à l’événement de L’Incorrect, fondée par des proches de Marion Maréchal, et notamment Jacques de Guillebon, directeur de la rédaction et conseiller de Marion Maréchal (9). Jacques de Guillebon participe aussi au conseil scientifique de l’ISSEP, l’école de cette même Marion Maréchal (école où s’est formé Erik Tegnér). Correctement d’extrême droite, l’Incorrect est dans la lignée de Racines d’Avenir. En effet, il cherche à mettre fin au clivage entre LR et le RN (13). Apparemment, c’est déjà bien entamé. Ce journal torchon puise notamment son inspiration dans les idées maurassiennes (14). Financé par Charles Beigbeder, ex DRH de l’Oréal, le conservatisme sur fond « d’identité » est de mise dans ses colonnes. Il s’oppose notamment au mariage pour toustes, à l’adoption homoparentale, ou encore la PMA, en bon ‘‘maréchalien’’.

L’Étudiant libre : libre de dire n’importe quoi, tant que c’est d’extrême-droite

Pour finir, L’Étudiant libre soutenait également l’événement. Ce mensuel conservateur a été créé non loin d’Angers, à la Roche sur Yon. Présidé par Stanislas Rigault, étudiant à l’ICES (là-même où est prof Guillaume Bernard) et soutenu par Pierre Romain Thioret, secrétaire général de la Cocarde étudiante, L’Étudiant libre, «L’Étudiant Libre est une publication conservatrice et patriote qui ambitionne de rassembler tous les courants de la droite », selon Stanislas Rigault (15). La messe est dite. Plusieurs personnalités politiques d’extrême droite viennent vomir leurs propos haineux : Jean-Marie Le Pen, Philippe de Villiers, Jean Frédéric Poisson, Charlotte d’Ornellas (valeurs actuelles), etc (15).

En tout cas, L’étudiant libre semblait heureux de pouvoir être présent ce mercredi 14 octobre:

Une bonne partie proche de Bruno Retailleau, président du groupe LR du Sénat

En 2018, alors qu’il était candidat pour les Jeunes Républicains, Erik Tegnér prônait déjà une alliance avec l’extrême droite. Il disait qu’ « une majorité de la base LR pense comme moi sur l’union des droites mais dit le contraire » (9). A qui donc peut bien profiter en partie ce vivier de néofascistes ? A la droite électoraliste et politique qui opère depuis un moment un glissement à l’extrême droite.

A l’image de Bruno Retailleau, président du groupe LR du Sénat. Petit rappel. Bruno Retailleau est né à Cholet (clin d’œil à Victor Bonnin). C’est un proche de Philippe de Villiers pour lequel il adhère initialement au parti de ce dernier, le Mouvement Pour la France (MPF). Il adhère ensuite à l’UMP (aujourd’hui LR) et deviendra sénateur puis président du Groupe LR au sénat, fonction qu’il exerce depuis 2014. Avant cela, il a aussi été président du Conseil général de Vendée de 2010 à 2015 puis président du Conseil régional Pays de la Loire de 2015 à 2017.

Aussi, Bruno Retailleau semble être proche ou au moins avoir croisé une partie des colistier-e-s présent-e-s ce mercredi 14 octobre à Angers.

Par exemple, lors des élections régionales de 2015, Sébastien Pilard, le fondateur de Sens Commun présent mercredi, invitait « tous ceux qui désirent l’alternance dans les Pays de la Loire, à s’engager derrière Bruno Retailleau pour assurer la reconquête de la région tant attendue par les ligériens » (12). Sébastien Pilard mise donc beaucoup sur Bruno Retailleau et considère que « Sens commun sait pouvoir compter sur l’homme de conviction qu’il est pour porter très haut les valeurs que nous partageons avec lui » (12) . Pas la peine de décortiquer davantage les liens qui unissent ce partisan de la droite dure et Bruno Retailleau.

Mais ce n’est pas tout. Le choletais Victor Bonnin semble heureux comme un coq en patte de poser avec Bruno Retailleau au lors de l’Université d’été de La Baule de LR, avec… Jacques Smith, qui représentait l’UNI ce mercredi 14 octobre à Angers.

 


Bref, nous l’aurons compris, l’extrême droite angevine tente de s’organiser sur notre territoire. Même si cela progresse doucement, il s’agit d’une stratégie progressive qui s’inscrit dans une généalogie de l’extrême droite : la création du journal de l’Incorrect, puis de l’école de Marion Maréchal, et enfin des mouvements comme Racines d’Avenir ou la Cocarde Etudiante qui investissent les milieux étudiants… et que l’on retrouve dans les partis électoralistes traditionnels (LR, RN).

Difficile de dire que la boucle est bouclée, tellement leurs liens sont étroits et sinueux. Mais le chemin est encore long pour elleux : tant que nous seront là, iels n’y parviendront pas.

Et pour finir, le bar en question se défend de toute implication idéologique :

Mouais… nous ne rappellerons jamais assez que l’on ne discute pas avec l’extrême droite.

Sources

Sources initiales :

Nathalie Hamon, « Maine-et-Loire. Des militants de la droite conservatrice se réunissent à Angers », Ouest-France, 2020.

Philippe Rubion, « Angers. La droite dure motive ses jeunes troupes », le Courrier de l’Ouest, 2020.

Philippe Rubion, « Angers. Des étudiants réunissent des leaders de la droite de la droite », le Courrier de l’Ouest, 2020.

Sources d’appuis

(1) Auberi Maitrot, Thomas Cauchebrais, Pierre Girault, Fanny Brevet, « Sébastien Pilard, vice-président de la Région Pays de la Loire », RCF, 2019.

(1) Yan GAUCHARD. « Sébastien Pilard, élu (LR), privé de délégations à la Région », Ouest-France, 2019

(2) Léa Pernelle, « Deux députés ex-LREM rejoignent le RN dans sa résistance contre l’écriture inclusive » , Le Figaro, 2020

(3) AFP, « Exclue de LREM après ses propos sur la PMA, la députée Agnès Thill rejoint le groupe UDI », l’Express, 2020

(4) Alexandre Sulzer, « L’école modèle de Marion Maréchal-Le Pen », 2018

(5) Olivier Faye, Abel Mestre et Caroline Monnot, « Qu’est-ce que l’UNI ? », Le Monde, 2012.

(6) Lucie Alexandre, « Érik Tegnér, fer de lance de « l’union des droites » », La Croix, 2018.

(7) « Erik Tegnér, le candidat à la présidence des Jeunes Républicains qui prône l’alliance avec Marine Le Pen », 20minutes, 2018

(8) Pauline de Saint-Rémy, « Erik Tegnér, le jeune LR qui prône une « union des droites » jusqu’à Marine Le Pen », RTL, 2018.

(9) Alexandre Sulzer, « Erik Tegnér, extrême-rebelle », l’Express, 2018.

(10) Lucie Soullier, « A Paris, la « convention de la droite » de Marion Maréchal rejoue les classiques de l’extrême droite », le Monde, 2019.

(11) AFP,« LR lance une procédure d’exclusion contre Erik Tegnér, partisan de l' »union des droites », l’Obs, 2019.

(12) Ouest France, « Régionales : Sens commun « s’engage » derrière Retailleau », 2015.

(13) Paul Aveline, « « L’Incorrect », le magazine qui veut réconcilier droite et extrême droite », le JDD, 2018.

(14) Laurent de Boissieu, « L’Incorrect, un nouveau magazine entre droite et extrême droite », La Croix, 2017.

(15) Louis Heidsieck, « Qu’est-ce que «L’Etudiant libre», le mensuel conservateur attaqué à Rennes? », Le Figaro, 2019.

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Jean-Eudes Gannat : Faites ce que je dis, pas ce que je fais

Il nous semble évident de revenir sur l’article récemment publié dans les colonnes du Ouest-France au sujet de ce qu’il convient de qualifier d’Affaire Comunotec. L’article est parfaitement étayé mais il nous a donné envie d’aller constater par nous-mêmes les preuves matérielles de l’hypocrisie et la duplicité du petit chef des fascistes angevins qui occupe une place centrale dans cette affaire.

Le Prince Vaillant des réseaux sociaux

La principale et la plus dense de nos sources d’informations prend la forme du document ci-dessus. Il s’agit du procès-verbal de l’assemblée générale extraordinaire de Comunotec. Cette entreprise créée à l’été 2015 prétend donc travailler dans le secteur du « développement et de la conception de matériel de sécurité ». Cet aride document légal nous intéresse au plus haut point parce qu’il matérialise le moment où Jean-Eudes Gannat, alors âgé de 22 ans est désigné comme président pour la durée d’une année à compter du 05 décembre 2016.

Ce rejeton de la bourgeoisie, fils d’un conseiller régional Pays-de-la-Loire exclu du RN, qui aime tant jouer au rebelle ne nous est évidemment pas inconnu. Nous avons déjà retracé par le passé une partie de son parcours et les angevin.e.s ne sont pas sans ignorer les frasques de sa bande fasciste de l’alvarium qui défrait trop régulièrement la chronique judiciaire (voir ici et ici).

En dévôt inconditionnel du « c’était mieux avant », Jean-Eudes Gannat est prompt à pourfendre la déshumanisation du monde, que ce soit à travers la robotisation où la vidéosurveillance. Quelques captures d’écran glanées de-ci, de-là dans le flot de sa logorrhée en attestent.

Mais comme les angevin.e.s le savent également il n’est pas à une tartufferie près.

Un homme de paille de la « GUD Connexion » ?

Revenons à notre PV qui montre qu’il est prompt à se mettre au service de la frange la plus radicale de l’extrême-droite, surtout s’il est possible de faire des affaires. Déjà, par le passé, Jean-Eudes Gannat a travaillé pour Riwal, la société de Frédéric Chatillon. En 2014 il a également été au service du Carré Casa, là encore une entreprise proche de ce qu’il est coutume d’appeler la GUD connexion.

Dans le cas qui nous concerne, la GUD Connexion est présente au sein de Comunotec via la société SOWINVEST et le groupe ERER.

Derrière la holding SOWINVEST il y a Paul-Alexandre Martin. Né en 1990, il est passé par la fac de droit d’Assas. Un temps son colocataire ne fut autre que Julien Rochedy avec qui il milite au FNJ.  Community manager, photographe officiel de Marine Le Pen, c’est un entrepreneur madré qui par exemple aura mis en place les sites internet des députés européens FN.

Quant au groupe ERER, on ne présente plus son principal actionnaire Frédéric Chatillon. Ancien militant du GUD, ami de Marine Le Pen. Avec son acolyte Axel Lousteau ils ont de multiples sociétés toujours en affaire avec le FN pour le meilleur et surtout pour le pire.

Paul-Alexandre Martin (en arrière plan) avec Frédéric Chatillon, Julien Rochedy, Jean-Lin Lacapelle et Axel Loustau.

Frédéric Chatillon n’est pas en reste lorsqu’il s’agit de ramasser du pognon, il est adepte des montages alambiqués de sociétés sciemment imbriquées les unes dans les autres, un écheveau très difficile à démêler et pas toujours du goût de la justice.

Jean-Eudes Gannat s’imagine probablement parmi ses pairs, jouant dans la cour des grands. Mais si sa situation de « président » est ronflante sur le papier, dans la pratique il ressemble quand même rudement à un sous-chef d’entreprise, un homme de paille voire à un bête fusible. Notons que, quel que soit le cas de figure, cela n’enlève rien de sa responsabilité dans l’affaire qui suit puisqu’il sait parfaitement avec qui il s’est mis en cheville.

Peur sur la ville

Un des moments capitaux de la brève existence de Comunotec et de son très discret directeur commercial Julien Costals, est la tenue d’un stand au salon des Maires en novembre 2015. L’entreprise se présente en effet comme spécialiste d’un service sur mesure destinés à de petites collectivités dotées de moyens limités. La vidéo promotionnelle qui suit vaut mieux qu’un long discours

Beaucoup de bleu-blanc-rouge, des églises taguées lorsqu’il s’agit d’illustrer les « incivilités », on ne se refait pas à l’extrême-droite. Pour attirer les maires désemparé.e.s qui cèdent aux sirènes sécuritaires le discours paraît rôdé. La plaquette de présentation se veut rassurante pour des élu.e.s. mettant en avant un savoir-faire reconnu par des acteurs issus de secteurs tels l’industrie pétrolière où, plus sensibles encore, de la défense ou de la justice.

Pourtant, l’article de Ouest-France prouve clairement que ces assertions ne sont que de la poudre aux yeux. En réalité Comunotec leurre sa potentielle clientèle avec de la pure propagande qui donne de la consistance à une entreprise peu active et sans références solides.

Et Comunotec inventa le perchoir à oiseaux connecté

En mars 2017, la petite commune d’Andlau, dans le département du Bas-Rhin fait affaire avec Comunotec pour la fourniture d’un système de quatre caméras de vidéosurveillance (ne comptez pas sur nous pour parler de « vidéoprotection ») : une située Place de l’école, deux à l’Abbatiale et une sur le parking des Remparts. Le maire actuel rapporte que le deal impliquait une installation du système livré par Comunotec par les soins des services municipaux. Mais à la livraison, le produit n’a que peu de rapport avec le cahier des charges. Une observation rapide du matériel par le maire de l‘époque montre l’impossibilité du dispositif à remplir correctement sa fonction : « Sur le plan technique, c’était zéro, des incompétents. J’ai refait un cahier des charges, mais ils n’ont jamais répondu. » dixit l’ancien maire. Effectivement les caméras en question ressemblent plus à des nichoirs à oiseaux high-tech qu’à autre chose.

Il y aura bien quelques échanges avec Comunotec afin de revenir à ce qui avait été convenu mais vite l’entreprise disparaît des radars. En décembre 2017, lors d’un conseil municipal, le maire de l’époque informe les élu.e.s que l’entreprise Comunotec a déposé le bilan et mise en liquidation judiciaire.

PV du conseil municipal du 21/12/2017

Mot du maire fin 2017

Ce contrat frauduleux aura coûté à la commune la bagatelle de près de 14000 euros. D’après nos recherches Comunotec n’aura effectué qu’un seul et unique chantier et, au vu des éléments en notre possession et aux propos du maire actuel il est difficile de douter du caractère crapuleux de l’entreprise.

Alors quelles conclusions tirer de cet affaire ? Peut-être est-il judicieux de s’en remettre à la définition de l’escroquerie dans l’alinéa 1 de l’article 313-1 du code pénal :

« L’escroquerie est le fait, soit par l’usage d’un faux nom ou d’une fausse qualité, soit par l’abus d’une qualité vraie, soit par l’emploi de manœuvres frauduleuses, de tromper une personne physique ou morale et de la déterminer ainsi, à son préjudice ou au préjudice d’un tiers, à remettre des fonds, des valeurs ou un bien quelconque, à fournir un service ou à consentir un acte opérant obligation ou décharge. ».

C’est alambiqué mais on comprend l’idée. En ce qui concerne Comunotec on peut dégager les traits suivants qui font écho à cette définition :

-Afin d’instaurer la confiance, l’entreprise a usé de références inexistantes.

-Elle a livré du matériel qui ne correspondait pas au cahier des charges convenus.

-Elle a empoché une partie de l’argent sans remplir sa part du contrat.

-Elle répond aux abonnés absents quand la mairie d’Andlau la relance.

Si poursuites judiciaires il y a, cela fera beaucoup de soupçons à dissiper pour Jean-Eudes Gannat et les personnes impliquées dans Comunotec.

N’étant pas juges et n’ayant pas le moins du monde l’intention de le devenir, nous vous laissons le loisir de savoir si dans ce cadre le susnommé Jean-Eudes Gannat « mérite », en plus du qualificatif de fasciste, celui d’escroc. Si ça peut vous aider à trancher, quelques synonymes populaires d’escroquerie permettent une approche moins judiciaire mais plus imagée: arnaque, duperie, magouille, crapulerie pour n’en citer que quelques-uns.

Quant à nous, notre opinion est faite. Et d’un point de vue politique, il y a belle lurette que l’extrême-droite n’est qu’un ramassis de malfaiteurs et d’escrocs. Jean-Eudes Gannat ne fait pas exception et l’hypocrite doit être mis au ban de la vie politique. C’est une bonne nouvelle que désormais personne ne puisse décemment accorder à sa parole le moindre crédit.

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Faire taire l’extrême-droite

Nous avons coutume de rappeler que les idées d’extrême-droite ne sont pas de simples « opinions ».

Renaud Camus avec ses élucubrations rhétoriques autour du «Grand Remplacement» a ainsi directement contribué à ce qu’aux antipodes un suprémaciste blanc commette le massacre de Christchurch. Il y a un indéniable lien de cause à effet.

Nous pourrions multiplier les exemples historiques jusqu’à la nausée.

S’il est une seule règle de base à retenir de l’antifascisme c’est la suivante : On ne discute pas avec l’extrême-droite. On la combat.

Le projet de société de l’extrême-droite porte un futur (et déjà un présent) liberticide. Et en appeler à la liberté d’expression n’est pour les fascistes qu’un moyen de s’implanter dans le paysage des idées afin de ronger ce qui fait lien dans nos sociétés. Nous avons récemment dans un texte explicité cette position non négociable.

Malgré tout, nous ne sommes guère surpris.es que localement certain.e.s personnes aient la faiblesse d’esprit et/ou la mauvaise foi de vouloir donner la parole aux fascistes.

En effet, une association nommée Changer(s) d’ère propose, fin octobre dans une salle municipale, un débat autour de l’Union Européenne et de la question de la souveraineté. Quatre invités sont prévus parmi lesquels Jean-Eudes Gannat, petit chef des fascistes de l’alvarium. Face à lui, où plutôt avec lui, des représentants de la gauche (EELV notamment) ainsi qu’un membre de LREM.

Nous nous sommes par le passé mobilisé.e.s à de très nombreuses reprises pour dénoncer le prêt de salles municipales, à Angers et alentours, à des officines d’extrême-droite.

Notre position est inchangée, il est toujours hors de question de laisser s’exprimer des fascistes, qui est plus est dans une salle municipale.

S’il advient que des représentants de «gauche» acceptent vraiment de se prêter à ce jeu truqué de légitimation des idées puantes et du passif violent et raciste d’une bande de fascistes, cela sera le signe indubitable d’une grave déliquescence intellectuelle. Ce sera aussi une faute politique que nous n’oublierons pas.

Peut-être que certain.e.s pensent pouvoir «se faire» Gannat en l’humiliant par la force des mots (son résultat aux dernières élections législatives avec 1 % de voix est déjà en soi une humiliation publique suffisante). Mais pour ce dernier, le simple fait de poser son séant dans une salle municipale tout en discutant aimablement avec des représentant.e.s autorisé.e.s de la démocratie serait une victoire. La postérité oubliera ce qui s’est dit ce soir là pour retenir que les idées fascistes auront été légitimées à s’exprimer publiquement.

Nous appelons donc les intervenant.e.s potentiel.le.s à signifier publiquement qu’ils/elles ne participeront pas à une telle mascarade. Déjà, au moins un intervenant prévu a annoncé son retrait et il semble qu’un.e autre pressenti.e fasse de même. Nous espérons que les autres auront la présence d’esprit de lui emboîter le pas et de laisser les fascistes entre elleux.

Parce que nous n’oublions pas que l’alvarium, son chef et ses membres sont racistes, violent.e.s, qu’ils mentent, menacent, discriminent, invectivent, frappent, nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que cette réunion soit un échec. Mieux, qu’elle n’ait pas lieu.

Combattre l’extrême-droite, ce n’est pas lui tendre un micro pour rendre son discours audible et lui offrir une audience inespérée. Combattre l’extrême-droite c’est la faire taire.

Le RAAF

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L’université d’été d’Academia Christiana à Notre-Dame d’Orveau : la boucle est bouclée.

Comme chaque été depuis 2013, le mouvement nationaliste Academia Christiana a organisé son université d’été. Mais cette année, au lieu qu’elle se déroule à l’institut des Croix-Des-Vents, à Sées (Orne), la rencontre a eu lieu dans une autre école, à Nyoiseau (Maine-et-Loire) : Notre-Dame d’Orveau. Ce changement n’a rien d’un hasard et est même assez logique quand on connaît le passif à la fois de ce mouvement et de l’institution qui l’a accueilli. Cet article s’attachera à donner des points de repère pour comprendre l’historique et le contexte qui ont permis la visite des nationalistes en Anjou du 17 au 22 août dernier.

1) Pourquoi un changement de lieu ?

Tout d’abord, commençons par un petit rappel concernant cette université d’été. Celle-ci est organisée par Victor Aubert, lui-même enseignant à l’institut des Croix-Des-Vents, à Sées. C’est donc logiquement là-bas qu’il organise, en compagnie d’autres nationalistes, ces événements. Mais à partir de l’été 2019, une série de petits scandales vont venir écorcher l’image de façade de ces réunions présentées comme inoffensives auprès des habitant.e.s du coin. Alors que même Marion Maréchal refuse d’y être invitée (c’est dire), le maire de Sées va accepter de participer à une des conférences, ce qui va ensuite lui être reproché lors d’un conseil municipal. Victor Aubert va alors être accusé d’être un personnage infréquentable ayant « piégé » le maire. Aubert réagit dans la presse locale et change son pseudo sur Facebook (auparavant son nom était Ober, qui est aussi un grade de la Wermacht…). A cette occasion, il revêt son plus beau costume pour montrer à tou.te.s qu’au fond, il n’est pas vraiment méchant.

Victor Aubert

L’affaire aurait pu s’arrêter là, mais certain.e.s lecteur.trice.s de La Horde se sont rappelé.e.s que quelques temps auparavant, le site antifa avait publié un article où on voit une vidéo de Victor Aubert effectuant un salut nazi à une manif pour tous. Le plus incompris des normands se retrouve de nouveau à devoir se défendre dans la presse. Cette fois-ci, il explique que ce n’était qu’un « salut romain »… Bon, pour nous, quand on se frappe la poitrine avant de tendre le bras droit au milieu de militants du GUD, ça fait quand même un peu facho. Quoi qu’il en soit, pour Victor Aubert qui espérait se retrouver sur une liste aux élections municipales de 2020, ça fait tâche.

Est-ce que ce sont toutes ces raisons qui ont obligé les nationalistes à déménager pour leur université d’été 2020 ? C’est une possibilité. Mais pas d’inquiétudes, le lieu idéal pour les héberger existe… Notre-Dame d’Orveau !

2) Pourquoi Notre-Dame d’Orveau ?

Et oui ! Quoi de plus logique pour Victor Aubert, et une partie de ses ami.e.s, de revenir là où illes ont effectué.e.s leur scolarité quand illes étaient enfants ? Car Aubert est très loin d’être le seul militant nationaliste à être passé par cet internat privé sous contrat. En Anjou, c’est même presque la norme. Rien qu’en ce qui concerne l’Alvarium, et son réseau de proches, dresser une liste serait fastidieux. On peut quand même citer la famille Gannat, la famille Fleury, Pierre Trémolet De Villers, Paul-Alexis Husak, Thomas Gueyffier, la famille Cochin, Théodore Riant, Louis Simonet… Bien sûr, au moment de leur passage dans cette école, illes n’étaient pas tou.te.s les sinistres personnages qu’illes sont devenu.e.s ensuite. Parfois même, illes avaient l’air plutôt inoffensif.ive.s. Petite illustration avec Paul-Alexis Husak :

Paul-Alexis Husak

Sur les deux vignettes à gauche, il passerait presque pour un écolier modèle. Sur les trois vignettes à droite, avec les Zouaves à Paris, en train d’être repérés par des antifas qui les filment. Dommage de finir aussi mal…

A noter également que l’école accueille parfois des enfants de « stars » comme une des filles de Marine Le Pen ou encore des enfants de Philippe de Villiers.

On commence à le comprendre : Notre-Dame d’Orveau c’est beaucoup une histoire de réseau. Mais l’homogénéité de celui-ci repose aussi sur l’importance des liens familiaux. Par exemple, on remarque que plusieurs militant.e.s ou proches de l’Alvarium ont des parents plus ou moins investi.e.s dans l’école. Pour Thomas Gueyffier, sa mère (Caroline Gueyffier) est surveillante de l’internat filles et son père (Patrice Gueyffier) est attaché de gestion pour l’école. Pour Louis Simonet, c’est sa mère (Laurence Simonet) qui est secrétaire de l’association des parents d’élèves. Quand à Hugues Soreau, son père (Emmanuel Soreau) est intervenu ponctuellement au « forum des métiers »

Et puisqu’on parle de famille, comment ne pas parler de celui qui a été directeur de l’établissement de l’été 2013 à l’été 2020 (1) : Yann De Cacqueray-Valmenier. Ce nom vous dit quelque chose mais vous n’êtes plus sur d’où vous l’avez entendu ? Le schéma ci-dessous va vous aider à y voir plus clair.

Cacqueray-Valmenier

Sur le schéma, en dehors de Yann, on retrouve donc son fils Louis. S’il a réussi un temps à se faire une place à la mairie du Mans sous l’étiquette RN, ses sympathies vont bien au-delà du parti et ses idées rejoignent pour une bonne partie celles des nationaux-catholiques. Il est un proche de Jean-Eudes Gannat et soutient logiquement Academia Christiana, comme en témoigne son retweet, quelques jours après l’université d’été, d’un message plutôt équivoque.

Academia

Toujours sur le schéma, on retrouve également Régis, aumônier du mouvement Civitas. Sur la photo, à la première université d’été de Civitas en 2018, il est au centre. A gauche, on retrouve Alain Escada et à droite, l’Abbé Beauvais. Marc, enfin, le petit dernier est la tête brûlée de la famille. Il est surtout l’un des meneurs des Zouaves, un groupe parisien plus connu pour sa violence que pour ses prises de parole. Sur la vignette de gauche, il participe à un tournoi de sport de combat. Sur les vignettes de droite, toujours avec le même sweat M8l8th (2), à un « nazi-versaire » en train d’effectuer des saluts nazi et de crier « sieg heil ». Ces vignettes sont extraites d’une vidéo qu’a révélé Mediapart.

Certes, cette famille est « particulière », mais certains pourraient encore douter des raisons de la place de Yann de Cacqueray-Valmenier sur ce schéma, ou encore de son rapport à l’université d’été d’Academia Christiana. Après tout, il aurait pu se faire avoir et ne pas avoir bien compris à qui serait louée l’école en ce mois d’août, non ? Le problème c’est qu’il a aussi écrit un chapitre dans un ouvrage sur l’éducation dirigée par Louis-Marie de Blignières, dont on vous parlait déjà dans un article il y a presque un an (et où on parlait déjà de l’université d’été d’Academia Christiana d’ailleurs). Ce n’est pas tout, parmi les personnalités qui ont été invitées à l’école, du temps où Yann De Cacqueray-Valmenier était directeur, certaines on retenu notre attention…

Secher Poisson

Reynald Secher, historien controversé (3), y est venu partager sa vision des guerres de Vendée, sujet récurent dans l’extrême-droite catholique. Quand à Jean-Frédéric Poisson, il a été invité pour animer une conférence sur le thème « Y a-t-il une place pour les chrétiens en politique ? » Un peu naïf comme titre, pour ce conservateur qui prône « l’union des droites » (ce qui inclut les plus radicales)…

On peut donc dire que Notre-Dame d’Orveau n’est pas une école comme les autres et que la formation politique y a aussi sa place. Mais est-ce que ces idées arrivent à toucher les élèves qui y sont scolarisé.e.s ? Sans doute pas tou.te.s, mais suffisamment pour que de drôles d’images apparaissent dans les vidéos censées faire la promotion de l’établissement et de son internat sur Youtube :

internat

Sur la vignette de gauche, où on retrouve l’angevin Enguerrand Fleury, on distingue un drapeau de La Manif Pour Tous. Sur la vignette centrale on retrouve en haut Thibaut Cochin portant un t-shirt de l’Alvarium et en bas Thomas Gueyffier. Enfin, sur la vignette de droite, chacun.e interprétera comme il le veut le drapeau au mur… On pourrait alors être étonné.e que le règlement précise que « les insignes à caractère politique sont prohibés ». Mais celui-ci précise également que « la décoration des chambres est soumise à l’appréciation du responsable d’internat ». Ouf, on comprend mieux !

3) Concrètement, ça a donné quoi ?

Au final, une fois cette (un peu longue mais essentielle) mise en contexte effectuée, on comprend mieux comment la dernière université d’été d’Academia Christiana s’est retrouvée à Notre-Dame d’Orveau. Le dernier soir s’est conclu par un concert du groupe nationaliste FTP, dont une photo en particulier trahit l’endroit où l’événement a eu lieu.

notre dame d'orveau concert faf

Même salle, deux ambiances : en haut concert rock d’extrême-droite, en bas cours d’EPS pour les élèves.

Le reste de la semaine fut comme d’habitude un condensé de ce que ces milieux savent produire : un mélange de conférences qui regrettent le bon vieux temps et exècrent le monde d’aujourd’hui, ponctué par des ateliers sport de combat ainsi que des fêtes en soirée. Un mot tout de même, pour insister sur le fait que les séances de sport ne sont pas si anodines qu’il n’y paraît : cette photo nous a permis de reconnaître un ancien militant du GUD dont le tatouage fait plus référence à son amour de la bagarre de rue qu’à l’esprit sportif…

tatouage gud

Enfin, impossible de ne pas dire un mot sur l’omniprésence des militant.e.s de l’Alvarium qui étaient chez elleux en Anjou. Comme l’année dernière, illes ont filé un coup de main en cuisine (espérons pour elleux qu’illes n’ont pas nourri les participant.e.s avec les légumes qu’illes cultivent sinon c’était la famine assurée) et Jean-Eudes Gannat a participé à la table ronde « Pourquoi s’engager ? ». Jeanne-Mathilde Quiñones, quant à elle, a pris des photos utilisées dans un compte rendu du site Breizh-Info, dans lequel on reconnaît Théodore Riant, un verre à la main, visiblement pas trop stressé par le procès qui l’attend…

En conclusion, on peut dire qu’une fois de plus l’Anjou a malheureusement montré qu’il pouvait être une terre d’accueil pour les nationalistes de tout poil. On pourrait regretter l’absence de réaction de la part des habitant.e.s du coin. Mais étaient-illes seulement au courant ? En effet, tout porte à croire que cet événement a été organisé en toute discrétion. Du début jusqu’à la fin, le lieu exact n’a jamais été annoncé publiquement par les organisateur.trice.s et contrairement aux éditions précédentes, les seul.e.s « journalistes » présent.e.s bossent pour des médias nationalistes. Enfin, seule une poignée de photos ont été diffusées sur les réseaux sociaux, contre 436 l’année dernière… Une volonté de ne pas ébruiter qu’un établissement privé sous contrat (et donc financé par les contribuables) a servi pour une petite réunion d’extrême-droite ?

Dans tous les cas, si Academia Christiana s’aventure à organiser leur prochaine université d’été au même endroit, les angevin.e.s ne pourront pas dire qu’illes n’étaient pas au courant. Espérons alors, qu’une réaction spontanée et populaire puisse leur mettre des bâtons dans les roues.


(1) Il n’est donc à l’heure actuelle plus directeur de l’établissement puisqu’il est aujourd’hui à la tête d’un autre établissement en région parisienne.

(2) Un groupe russe de NSBM (black metal néo-nazi).

(3) L’historien Benoît Musset dit à son sujet : « l’extrême-droite actuelle se rallie aux travaux de Reynald Sécher. À la fin des années 80, il est parmi les premiers à évoquer le terme de « génocide franco-français ». Malgré son rejet par l’Université, Sécher reste très actif. » (Source)

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Rassemblement antiraciste et antifasciste – Samedi 12/09/2020 – 14h Place Molière Angers


Après un local en plein centre-ville, les fascistes ouvrent un pseudo-squat en toute impunité !

Alors que nous dénonçons depuis environ trois ans la nocivité du mouvement de l’Alvarium et leurs multiples tentatives de faire entendre leurs idées aussi puantes que rétrogrades, ses membres continuent dans la surenchère nationaliste et xénophobe. Depuis qu’illes ont ouvert un local en plein centre-ville (rue du Cornet) il y a tout juste un an, nous n’avons cessé de dénoncer leur présence indésirable et alerter sur leurs projets parfois délirants, mais toujours discriminants. Aujourd’hui, illes annoncent l’ouverture d’un deuxième lieu, toujours en centre-ville. Ce dernier est présenté comme une « occupation non-conforme ». Comprendre : squat d’extrême-droite qui se rêve en centre social inspiré du mouvement fasciste italien Casapound.

Il faut d’emblée rappeler que cet acte s’inscrit dans une généalogie d’actes violents, agressions, provocations racistes en tout genre… Depuis quelques années la même bande (pour une bonne partie des fils et filles de bourgeois et aristocrates) multiplient les actions qui portent la marque de l’extrême-droite radicale. Celles-ci sont parfois décrites dans la rubrique « faits divers » de la presse locale, mais bénéficient toujours de la clémence de la justice de classe. Dans ce contexte Jean-Eudes Gannat, chefaillon de l’Alvarium, a pu se construire une image de nationaliste plus ou moins fréquentable, allant même jusqu’à se présenter à une élection législative partielle qui doit avoir lieu les 20 et 26 septembre prochain. Sa méthode est simple à comprendre : il édulcore ses idées les plus discriminantes et se fait passer pour un bienfaiteur de l’humanité. L’officialisation de ce pseudo-squat est, à n’en pas douter, une pierre de plus à son édifice.

Mais nous ne sommes pas dupes. L’idéologie qui fait tendre la main (ou le bras droit…) des membres de l’Alvarium en direction des personnes sans-abri ou en situation de précarité n’est rien d’autre que le fascisme. En revendiquant d’appliquer une « préférence nationale », illes hiérarchisent les souffrances et peinent à cacher le racisme qui les anime. De plus, quoi de plus loufoque que de voir des nanti.e.s défendre la propriété privée aux fenêtres d’un lieu… occupé illégalement (comprenne qui pourra).

Et pourtant, le droit au logement pour toutes et tous est un combat qui mérite d’être mené à Angers. Les personnes à la rue, étrangères ou non, sont nombreuses et les logements existants insuffisants. En cette rentrée universitaire, certain.e.s étudiant.e.s doivent accepter des conditions de logement précaires (camping, Airbnb, hébergement…) Et alors que le lieu autogéré La Grande Ourse (qui, lui, loge véritablement des personnes en galère et sans distinction) risque l’expulsion, les fachos ouvrent un pseudo-squat en toute impunité !

Car la majorité municipale est plus que complaisante envers l’Alvarium et d’autres groupuscules d’extrême-droite. Nous en avons une nouvelle fois la preuve car le lieu que les fachos occupent est la propriété d’Alter Public, organisme public dont le maire d’Angers, Christophe Béchu, siège au conseil d’administration. Celui-ci, en bon hypocrite, déclarait il y a quelques années qu’il se réjouissait que la ville d’Angers « se méfie traditionnellement des extrêmes »… La réalité est malheureusement toute autre.

Dans ces conditions, nous appelons les organisations, collectifs et individu.e.s à se joindre au rassemblement samedi 12 septembre, à 14h, place Molière. Les masques et le respect des gestes barrières est de rigueur. On sait que les fachos ont eu l’eau coupée, à nous de les mettre en sueur !

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Quelques fondamentaux sur l’antifascisme

Ce texte ne s’adresse pas aux personnes dont le scepticisme les fait d’ores et déjà nous classer dans la catégorie des personnes infréquentables. En revanche, celleux de bonne foi qui désirent mieux comprendre notre vision de l’antifascisme trouveront un intérêt dans les lignes qui vont suivre. Les six points ci-dessous nous paraissent importants pour éviter les préjugés, raccourcis ou rumeurs dont un collectif antifasciste comme le nôtre peut parfois faire les frais.

Ci-dessous, la version imprimable (A4 recto/verso) :
Quelques fondamentaux – RAAF 2020

1) La liberté d’expression

S’il n’est pas essentiel (et de toute manière vain) de convaincre le plus grand nombre que nous défendons une certaine liberté d’expression, il est important de dire quelques mots sur cette notion galvaudée. Arriver à penser un court instant que les fascistes seraient fondamentalement pour la liberté d’expression et que les antifascistes qui souhaiteraient les empêcher de s’exprimer seraient contre révèle une grande naïveté. En effet, le projet de société de l’extrême-droite porte en lui-même des propositions liberticides. Et au sein de celui-ci, la place pour la contestation, ou le débat d’idées, n’est sûrement pas plus grande que dans une autre tendance politique. On pourrait alors penser que le problème c’est qu’à force de les ostraciser, on leur offre la possibilité de se victimiser. C’est, de nouveau, une erreur. Les fascistes ne se victimisent pas parce qu’on ne les laisse pas assez parler. Illes se victimisent parce que c’est la stratégie qu’illes ont choisi pour susciter de l’empathie auprès des gens qui n’étaient pas directement convaincus du bienfait de leurs propositions. Ainsi, les laisser s’exprimer c’est leur laisser des espaces de paroles où illes pourront davantage se victimiser, convaincre un plus grand nombre de personnes et ainsi de suite.

Le discours des fascistes ne doit pas être compris comme autre chose qu’un venin qui se diffuse, petit à petit, dans le corps social. A chaque fois qu’un.e d’entre elleux écrit sur un réseau social un quelconque commentaire négatif sur les syndicats, les immigré.e.s ou les féministes, ille participe à polluer l’air du temps. En fin de compte, au bout d’un certain temps, cet air est tellement pollué qu’il finit par influencer plus ou moins les discours de tout à chacun.e.

Dans ce contexte, gêner, voire empêcher la tenue, par exemple, d’une conférence d’extrême-droite est un acte qui relève davantage de la salubrité publique que de l’instauration d’une prétendue dictature de la pensée unique. Car au final, que ce soit pour remettre en cause l’existence des chambres à gaz ou disserter sur la démographie en France, on ne peut malheureusement que constater avec tristesse de l’usage que les fascistes font de leur liberté d’expression.

Il restera cependant toujours quelques acharné.e.s qui, avec une certaine forme de fascination pour leurs adversaires, se battront pour que l’extrême-droite puisse conserver une parole publique. Nous en avons eu récemment un exemple flagrant au niveau local : une militante d’un parti de gauche a annoncé avec fracas sur les réseaux sociaux qu’elle quittait le mouvement pour pouvoir continuer à fréquenter des nationalistes, à la fois dans sa vie personnelle mais également en tant que militante, par goût du débat. Il est inutile de tenter de convaincre ce genre de personnes qui, sous couvert d’ouverture d’esprit, peuvent faire preuve d’une mauvaise foi parfois abyssale. Mais il convient également de dénoncer les discours confusionnistes dont le principal danger est de gêner la compréhension du rôle de l’extrême-droite.

 

2) La violence et l’usage de la force

S’il est aujourd’hui aussi banal de dire que « les antifas se comportent exactement comme les gens qu’ils combattent » que de dire « qu’il pleut toujours en Bretagne », ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas essayer de déconstruire ce type de lieux communs.

En s’inscrivant dans une lutte telle que l’antifascisme, on accepte de facto de rentrer dans un rapport de force. Celui-ci peut nécessiter le recours à une grande variété de techniques dont certaines peuvent être qualifiées de violentes dans le sens commun du terme. Nous ne devons pas d’emblée avoir peur de ces méthodes dans le sens où elles font partie du passé de cette lutte et probablement aussi de son futur proche. Pour autant, nous essayons de ne pas entretenir un fétichisme vis-à-vis de ces techniques. Et c’est précisément sur ce point que notre approche de la violence est radicalement différente de celles des fascistes. Pour ces derniers (en tout cas une partie), la violence est positive en soi et peut même devenir un but recherché. Elle est souvent perçue comme libératrice et cathartique. Les fascistes ne l’utilisent pas uniquement par rapport à autrui mais aussi pour eux-mêmes. Dans ce double mouvement, illes espèrent nuire à leurs adversaires tout en essayant de se transformer elleux-mêmes. De la violence des SS jusqu’à leur intérêt pour certaines formes de hooliganisme, on voit bien que leur rapport à la violence est lié à la domination et s’inscrit dans une tradition philosophique opposée à la nôtre. En ce qui nous concerne, la violence est surtout un outil dont l’efficacité sera jaugée en fonction des situations. Si pour empêcher la conférence d’un.e raciste notoire, il est possible d’organiser un sit-in de 10000 personnes et que la police n’a pas les moyens de déplacer cette foule, alors il faudra choisir cette technique. Si, en revanche, on ne peut compter que sur 100 camarades, alors il faudra peut-être opter pour des techniques nécessitant le recours à la force si l’on souhaite arriver au même résultat.

Enfin, il va de soi que l’antifascisme implique de se mettre dans des situations où l’on s’expose individuellement et collectivement à la violence de l’extrême-droite. Mieux vaut s’y préparer et partir du principe que celle-ci peut toucher n’importe lequel ou laquelle d’entre nous, militant.e antifasciste ou non d’ailleurs. Dans ce cas de figure, il n’existe pas de règles à suivre et chaque groupe envisagera la ou les techniques qu’il souhaite adopter en fonction des situations. Le fait que certaines d’entre elles impliquent une forme de violence ne doit pas être un problème en soi car le plus grand nombre peut comprendre leur légitimité dans des contextes d’auto-défense.

 

3) La nécessité de lutter contre l’extrême-droite ici et maintenant

L’antifascisme est parfois perçu dans les milieux militants comme une maladie infantile du gauchisme, une lutte dans laquelle s’investirait des jeunes en manque de sensation forte ou bien des militant.e.s révolutionnaires n’ayant pas trouvé d’autres fronts aussi radicaux. Nous ne partageons pas ce point de vue. Placer la lutte contre l’extrême-droite assez haut dans la liste des priorités est surtout une question de bon sens. Alors que les populistes gagnent du terrain à l’étranger (USA, Brésil, Hongrie…), que les actes terroristes d’extrême-droite sont en augmentation (Munich, Pittsburgh, Christchurch…) et que le RN n’a jamais été aussi proche de remporter une élection présidentielle (au second tour de l’élection de 2017, Marine Le Pen a récolté plus de 10 millions de voix, un record pour le parti), on se demande ce qu’on pourrait bien attendre de plus !

L’antifascisme est donc une nécessité pour inverser la tendance, permettre la possibilité de construire une société plus égalitaire et, espérons le, rendre concret nos utopies les plus folles.

« La géo-politique c’est bien joli, mais quel intérêt de commencer par notre petite ville d’Angers où règne une douceur de vivre légendaire ? » nous diront certain.e.s. Et bien parce que le problème de l’extrême-droite concerne tout le monde. Que l’on soit sans-papiers, personne racisée habitant dans un quartier populaire, prolétaire, militant.e de gauche… ce n’est qu’une question de rapport de force et de temps pour qu’à un moment donné ou à un autre nous risquions d’être impacté.e.s directement par l’action de l’extrême-droite. Et que celle-ci s’incarne par une proposition de loi du RN ou par les collages éphémères d’affiches de l’Alvarium ne change rien : tout cela appartient au même mouvement et sert le même projet de société. Lutter contre l’extrême-droite ici et maintenant c’est donc gagner du temps et aborder le problème de manière pragmatique.

 

4) L’idéologie, les alliances et le front antifasciste

Il existe plusieurs manières de se situer, en tant que collectif antifasciste, dans la vie politique locale. La question de la finalité du projet politique ainsi que les alliances que l’on est prêt.e à faire ne sont pas des choses à prendre à la légère. Concrètement, l’idéal est d’arriver à trouver un positionnement qui évite deux écueils. Le premier consisterait à s’enfermer dans une radicalité et un jusqu’au-boutisme qui couperait le collectif d’un grand nombre de personnes souhaitant lutter sincèrement contre l’extrême-droite. Le second est la tentation de constamment élargir son réseau au risque de faire des alliances qui trahissent nos convictions, voire qui se révèlent au final contre-productives.

En général, l’antifascisme révolutionnaire se situe au carrefour de différents courants de la gauche radicale. Si les militant.e.s anti-autoritaires sont très largement représenté.e.s au sein de ce mouvement, illes peuvent être rejoin.te.s par d’autres militant.e.s avec lesquel.le.s illes peuvent partager certains désaccords sur le plan de la doctrine politique. Il faut bien sûr distinguer ce qui est fondamental pour la lutte antifasciste de ce qui est secondaire et qui nécessitera d’autres contextes pour être discuté. Par exemple, deux personnes peuvent être en désaccord sur la manière d’arriver à une société sans classes sociales, sans que cela ne les empêche de lutter ensemble contre l’extrême-droite.

Ce type de situation ne représente pas un challenge insurmontable du moment que chacun.e fait preuve de bonne volonté, de souplesse et de discernement. L’idée est d’arriver à créer un front antifasciste suffisamment large pour que les arguments qui motivent la lutte contre l’extrême-droite puissent être partagés par l’ensemble des personnes prenant part à ce combat. L’objectif est bien sûr, au final, de rassembler un maximum de personnes dans cette lutte.

 

5) Le rapport entre les collectifs antifascistes et les « masses » : inspirer la spontanéité

L’antifascisme n’est pas une affaire de spécialistes ou d’expert.e.s mais l’affaire de tout.e.s. Nous ne somme pas un genre de « police de gauche » auquel on doit faire appel ponctuellement quand « on a un problème avec les fachos », c’est tout l’inverse : nous souhaitons donner envie au plus grand nombre de s’engager d’une manière ou d’une autre à lutter contre les forces contre-révolutionnaires incarnées par l’extrême-droite.

Si nous ne sommes pas prestataire de services, nous ne sommes pas non plus des manipulateur.rice.s qui essaieraient de radicaliser des gauchistes pour les faire prendre part à des actions directes par exemple. Cette précision est importante à faire puisqu’elle contredit la fausse image de l’antifasciste masqué.e préparant des coups en douce tout en se cachant derrière des organisations plus conventionnelles. Récemment encore, nous avons eu à nous justifier concernant le rassemblement du 8 juin dernier contre le racisme et les violences policières. La manifestation sauvage qui l’a suivi a rapidement pris la direction de la rue du Cornet et du local de l’Alvarium, ce discret repaire de fascistes dont on a régulièrement parlé sur notre blog ou sur les réseaux sociaux. Aucune mainmise de notre organisation n’est à voir derrière cette manœuvre. Il semblerait que le fait que l’ensemble de la manifestation se soit retrouvée agglutinée aux flics qui protégeaient l’Alvarium et ses militant.e.s s’explique simplement par la spontanéité des personnes présentes. C’est d’ailleurs cette même spontanéité qui a fait que le cortège s’est remis en marche dans la direction opposée après qu’une militante de l’UCL ait pris la parole pour demander aux personnes de quitter les lieux.

Cet exemple est intéressant à différents égards. Il montre qu’une foule n’a pas nécessairement besoin d’un leader ou d’une préparation complexe pour mener des actions sensées et claires à la fois. On peut même dire que le parcours qui a été choisi par les manifestant.e.s nous apparaît comme étant le plus logique qui soit. Car pour une manifestation qui entend dénoncer le racisme et les violences policières, aller demander des comptes aux fascistes, eux-mêmes protégé.e.s par des flics en tenue anti-émeute, nous semble cohérent. Nous avons à plusieurs reprises mis en lumière les aspects discriminants de l’idéologie portée par l’Alvarium et nous interprétons le fait de voir une foule en colère se diriger vers ce local comme un réflexe d’auto-défense populaire, ni plus ni moins.

De manière générale, si les petits articles que nous publions sur notre blog dénoncent suffisamment l’extrême-droite locale et qu’ils rendent visible pour le plus grand nombre le fait que ce que font les fascistes est insupportable, alors cela sera déjà un bon début. Nous souhaitons alimenter le débat tout en l’orientant vers une voie qui soit constructive. Le travail d’information que nous fournissons s’adresse à tou.te.s, sans discrimination.

 

6) Le féminisme et les luttes connexes

Il pourrait être tentant d’éviter la question de la place des autres luttes vis-à-vis de l’antifascisme, par facilité ou par peur de ne pas trouver le positionnement juste et respectueux des sensibilités des un.e.s et des autres. Pour autant, il est crucial de rappeler au plus grand nombre que la lutte contre l’extrême-droite ne peut en aucun cas être séparée d’autres luttes à visée émancipatrice. Nous envisageons notre combat comme une seule entité et non un ensemble d’engagements plus ou moins progressistes qui s’accumuleraient au fil du temps. L’antifascisme n’est pas, pour nous, une lutte « spécialisée » mais une manière d’entrer en résistance contre l’ordre existant et participer à changer la société.

Par conséquent, notre engagement féministe est facile à déterminer : ce n’est pas une lutte que l’on souhaite mener en parallèle de l’antifascisme car elle fait partie de celui-ci. Il est important d’insister sur cette question pour plusieurs raisons. Tout d’abord car l’image trop souvent véhiculée des antifascistes est celles de groupes d’hommes virils et plutôt bagarreurs. Nous nous inscrivons en faux contre ce stéréotype car il n’est pas représentatif de notre mouvement et qu’il s’appuie sur des poncifs sexistes qui tendent à invisibiliser les femmes prenant part à cette lutte. Ensuite, parce qu’il est clair que l’extrême-droite est à l’origine d’attaques contre les droits des femmes et un fidèle chien de garde du patriarcat. Enfin, parce que notre mouvement est aussi traversé, comme à peu près tout les espaces de notre société, par le sexisme. Il convient alors de ne pas mettre d’œillères et de voir en face les possibilités de faire collectivement la critique de nos propres pratiques tout en gardant en tête que la finalité de notre combat est d’ordre politique.

De la même façon, d’autres combats imprègnent notre manière de mener la lutte antifasciste, parfois en la questionnant, toujours en la dynamisant. Les droits des personnes LGBT+, la libération animale, la lutte contre l’islamophobie, la dénonciation des violences policières, le droit au logement ou la place des drogues dans nos milieux et dans la société en général ne sont que quelques exemples des nombreuses questions qui inspirent le mouvement antifasciste en le portant vers de nouveaux horizons critiques et émancipateurs.

Toutes ces raisons nous font dire que l’antifascisme ne doit pas être groupusculaire mais populaire et qu’il ne doit pas être institutionnel mais autonome. Rejoignez la lutte antifasciste !

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Le jardin mytho de l’alvarium

Les camarades de l’Action Antifasciste Loire-Authion nous ont fait parvenir cette vidéo.
Un nouvel épisode tragicomique de la propagande mensongère de l’alvarium :

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