Les escrocs sont de retour : Ou comment l’extrême-droite instrumentalise la souffrance du peuple ukrainien

On les a vu.es gratter la terre d’un « potager communautaire », en maraudes auprès des « SDF français », occupé.es à nettoyer les rives de la Maine : les militant.es nationalistes de l’alvarium ont joué bien des rôles. Toujours de manière grotesque, tout comme leur ambition puisque nous les avons souvent pris en défaut sur la réalité de leur activisme. Pour le groupuscule seules comptent les apparences sur les réseaux sociaux afin de donner un visage aimable à leur projet néo-fasciste. Peine perdue, les atavismes reviennent vite : les intimidations, leur racisme, leur lgbt+phobie, leur goût pour la violence gratuite ont si souvent fait tomber le masque qu’il est brisé. Pourtant illes retentent le coup en endossant le costume de bénévoles de l’action humanitaire. Les escrocs sont de retour avec une association nommée Urgence Humanitaire et une campagne spécifique autour des réfugié.e.s de la guerre en Ukraine.

 

Pour comprendre l’état d’esprit actuel du groupuscule, il faut rappeler que l’alvarium est sous le coup d’une procédure de dissolution administrative effective depuis novembre 2021. En janvier 2022, juste avant l’expiration du délai imparti ils se sont pourvus auprès du Conseil d’État pour casser cette décision. En attendant la réponse l’alvarium fait profil bas pour ne pas compromettre sa demande. Qui plus est, le nombre de militants condamnés ces trois dernières années (voici une liste non exhaustive : Théodore Riant, Martin Réveillard, Baudoin Le Nalio, François-Aubert Gannat, Hervé Le Morvan, Alban Martinez, etc.) contribue, au moins temporairement, à vider le groupuscule de beaucoup de son énergie. Pour agir, illes tentent de réactiver des structures associées laissées en déshérence comme par exemple le Rassemblement des Etudiants de Droite qui a appelé à commémorer les émeutes antiparlementaires du 6 février 1934, une « tradition » de l’alvarium. La ficelle est grosse et surtout usée : les mêmes militant.es, avec les mêmes mots d’ordre, agitent les mêmes drapeaux et banderoles, sous les ordres du même chef d’opérette en cosplay de fasciste des années 30 et finissent après la cérémonie dans leur local habituel. On a vu plus discret comme tentative de résurgence.

Néanmoins ne négligeons pas leur recherche d’une vitrine présentable susceptible de duper les personnes non-averties. Des structures neuves à même d’éviter les poursuites pénales pour reformation de ligue dissoute. C’est une question de survie pour le groupuscule à l’état de mort-vivant. Un peu comme leur instrumentalisation des SDF par les maraudes, l’action humanitaire représente un champ d’action apte à brouiller les pistes.

A vrai dire, ces nationalistes, frange radicale de la bourgeoisie angevine catho-tradi, se sont déjà grimé.e.s en bénévoles humanitaires. Leur chef Jean-Eudes Gannat, co-dirige Solidarité Arménie, qui lui a permit, ainsi qu’à d’autres militants de l’alvarium tel Paul Pichon ou Henri de la Marchandise, de se rendre sur place. Gannat a aussi été d’une mission en Syrie aux côtés de SOS Chrétiens d’Orient. Jusqu’à présent, la méthode de l’extrême-droite radicale consistait à créer un collectif ad hoc : Solidarité Arménie, Solidarité Kosovo, etc. Nous faisons l’hypothèse que désormais illes cherchent à fonder une plateforme généraliste au cadre d’action moins étroitement associé à une cause, offrant souplesse et réactivité afin de s’adapter aux situations de crise qui leurs conviendraient. La création toute récente en janvier de l’association Urgence Humanitaire va dans ce sens. Et l’explosion de la guerre en Ukraine leur a donné l’occasion de lancer une première opération spécifique avec le site refugies-ukraine.fr.

La récente émergence du compte instagram @urgencehumanitairefr a attiré notre attention à plusieurs égards. Bien qu’il présente les apparences neutres d’une ONG, la première vague d’inscrit.es réunit en essaim serré presque tous les mouches à merde de l’alvarium qui y vont de leur like. La coloration « identitaire » est également donnée par les rares abonnements du compte : Solidarité Arménie, émanation directe de l’alvarium domiciliée dans leur local ; Solidarité Kosovo association satellite des Identitaires fondée en 2004 pour venir en aide aux Serbes du Kosovo ; SOS Chrétiens d’Orient, le projet le plus connu de la galaxie d’extrême-droite désormais sous le coup d’une enquête pour complicité de crime contre l’humanité ; et enfin, SOS Calvaires, association de sauvegarde du petit patrimoine catholique qui cache de moins en moins son engagement réactionnaire et ses affinités zemmouroïdes. A noter que cette association qui cherche à essaimer et sur laquelle nous avons déjà fait le point est elle aussi née en Anjou.

D’un point de vue administratif des indices pointent vers un projet étroitement lié à l’alvarium. L’association à l’intitulé très consensuel, déclarée en janvier 2022 à Angers, édite le site en construction : refugies-ukraine.fr.

 

S’il présente une apparence lisse, le vernis humanitaire craque par exemple à l’évocation des « membres de la même famille européenne que nous ». La directrice de publication est Thérèse Beauvais, une des suppléantes de Jean-Eudes Gannat lors d’une des risibles participations de celui-ci, en 2021, au cirque électoral sous l’étiquette officielle de l’alvarium. Notre clown y a ramassé une tôle ainsi qu’une peine d’inéligibilité de 6 mois.

En analysant d’un peu plus près ce site internet nous découvrons que le nom de domaine du site a été acquis par l’entreprise Omni Raise, domiciliée à Redon.

Cette entreprise est liée à Tristan Mordrelle, spécialiste de la levée de fonds mais surtout connu pour ces accointances avec les milieux révisionnistes et néo-nazis. Ce néo-païen convaincu a dernièrement rejoint en toute discrétion l’équipe de campagne de Zemmour pour aider à la collecte de financements. L’apparition de ce nom sulfureux dans le paysage d’Urgence Humanitaire pose question sur les intentions sous-jacentes du projet. Assistons-nous à la naissance d’une nouvelle pompe à fric de l’extrême-droite ? Surtout qu’à peine née, Urgence Humanitaire s’auto attribue une mission d’intérêt général et s’octroie le droit de produire des reçus fiscaux qui ouvrent à réduction d’impôt. Encore une fois, l’état va subventionner indirectement l’extrême-droite. Pour finir, alors que Zemmour a affirmé être contre l’accueil en France de réfugié.e.s d’Ukraine, Tristan Mordrelle s’engage dans un projet qui va (en apparence) à l’inverse. L’extrême-droite radicale fait preuve d’une « souplesse » idéologique indécente.

Mais c’est l’ensemble de l’équipe d’Urgence Humanitaire qui, à force de grands écarts, risque le claquage. En premier lieu Jean-Eudes Gannat qui bavassant sur Facebook avance que « le problème n’est pas « le régime de Poutine » auquel nous n’avons aucune leçon à donner. Le problème c’est la guerre dont il faut résoudre les causes et atténuer les conséquences […] ». Jean-Eudes Gannat veut bien aider les ukrainien.ne.s mais il ne faudrait pas en tenir rigueur à ce brave Poutine qui après tout n’y est pour rien dans cette guerre ? Le mot paradoxe n’est pas assez fort pour définir un (dé)raisonnement aussi claqué. A la fois qu’attendre de quelqu’un qui est allé en Syrie en soutien d’un Bachar al-Assad qui s’est maintenu au pouvoir notamment grâce à l’aide de Poutine ?

On passera très vite sur le membre et mécène illuminé de l’alvarium : Axel Levavasseur. Celui qui leur met gracieusement à disposition des locaux s’affiche aux côtés de Douguine, l’idéologue des néo-eurasianistes qui a forgé un discours qui a en partie influencé Poutine dans son dessein d’envahir l’Ukraine. Là encore, les ukrainien.ne.s apprécieront ce genre de « soutien ».

Axel Levavasseur, mécène de l’alvarium et l’idéologue d’extrême-droite Alexandre Douguine

Fin mars, une « mission » d’Urgence Humanitaire navigue entre la Pologne et Lviv. On y retrouve les habitués des voyages de Solidarité Arménie dont Xavier Maire, alias Henri de la Marchandise. Passé par le Bastion Social, à l’origine du GUD Strasbourg et condamné pour des faits de violences lors des Gilets Jaunes, il semble être l’homme de terrain de l’opération. Jean-Eudes Gannat l’a aussi récemment rejoint. Comme il se doit le déplacement est surtout utile pour fournir des supports à la communication générale de cette clique. Il est notable que leur unique camionnette a fait une escale à Hayange où selon le Républicain Lorrain les « trois bénévoles de l’association angevine » ont été accueillis et ont bénéficié du soutien du maire RN Fabien Engelmann. C’est à la fois peu surprenant de la part de l’instigateur de la très identitaire fête annuelle du cochon mais ce genre d’exposition aux côtés de Xavier Maire/Henri De La Marchandise, membre de divers groupes fascistes dissous, ne va pas dans le sens de la normalisation politique voulue par Marine Le Pen et rappelle que derrière la vitrine proprette, l’arrière boutique pue toujours autant le renfermé.

le maire d’Hayange Fabien Engelmann avec Xavier Maire à sa droite

On comprend que de manière encore embryonnaire, Urgence Humanitaire veut être la plateforme qui va permettre aux fascistes de l’alvarium et à quelques autres associé.e.s de mutualiser leurs divers « «projets humanitaires » afin de s’offrir une plus grande surface sur internet et rationaliser leurs outils. La présence de Tristan Mordrelle connu pour ses réseaux et sa capacité à lever des fonds n’est pas anodine bien que les contours exacts de son implication restent flous. A l’opposé de toutes les vraies structures humanitaires parions que l’opacité sur les sources de financements et leurs usages sera de mise. Quelle part sera utilisée pour faire fonctionner l’association ? On peut poser la question, gageons qu’elle restera sans réponse. L’important dans ce projet n’est pas l’aspect de soutien aux population, l’opportunisme idéologique des fascistes en est la preuve. Il leur importe ici de développer leur réseau, d’offrir une apparence de respectabilité, aspirer des fonds et des contacts. Tout ceci n’est qu’une mise en scène cynique de plus, les réfugié.e.s ukrainiens.ne. ayant pour les cadres mentaux étroits de nos racistes différentialistes l’avantage d’être blanc.he.s et chrétien.ne.s. Les escrocs d’extrême-droite profitent de la guerre et instrumentalisent la souffrance de tout un peuple pour leur plus grand intérêt.

Le RAAF

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Boutons les fascistes hors de nos vies !

C’est avec une grande satisfaction que nous avons appris que, des larmes plein les yeux, le Rassemblement des Etudiants de (extrême-) Droite annulait sa cérémonie prévue ce 6 février au pied de la statue de Jeanne d’Arc.

Aux côtés d’organisations et collectifs locaux et régionaux nous avions appelé à empêcher ce défilé qui se place dans la plus pure tradition du décorum fasciste : majorité de jeunes hommes en rang, flambeaux, dépôt de gerbe avec une cocarde « A nos morts », discours du chef, etc. Cette horreur anachronique s’était déjà tenue à plusieurs reprises ces dernières années et c’était un de nos objectifs pour 2022 qu’elle n’ait pas lieu.

Ne boudons pas notre plaisir devant cette victoire. Le rassemblement de dimanche n’est plus nécessaire et, sans nier le risque élevé de répression, ce ne sont pas les interdictions de manifester de la préfecture qui guident notre choix tant elles deviennent récurrentes et prévisibles jusque dans leur timing.

Néanmoins, tout cela amène quelques questions et nécessite de tirer des enseignements.

Le RED, est la matrice qui a conduit à l’alvarium, cette coquille a souvent servi au groupuscule pour avancer masqué, notamment sur le campus de la fac de droit.  De matrice elle est devenue un variant bien pratique. En effet, l’alvarium est en cours de contestation de sa dissolution administrative auprès du Conseil d’État. En quête de respectabilité pour sauver les apparences ce n’est pas le moment pour elleux de faire des vagues. Comme d’habitude la ficelle est grosse et personne n’est dupe.

Nous prenons note que ces néo-fascistes voulant commémorer les morts des émeutes parisiennes antiparlementaire de 1934 prennent la peine de déposer leur manifestation auprès de services de la république. Quelle ironie ! Nous prenons également note que les services de la république n’y trouvaient rien à redire avant que les angevin.e.s et leurs soutiens ne se mêlent de cette histoire et construisent un rapport de force. Sans appel à manifester aurions-nous eu droit à une milice fasciste défilant en rangs serrés à la lueur des flambeaux protégée par la police ? Il semble que oui. Nous vous laissons tirer les conclusions qui s’imposent.

Nous constatons aussi qu’à Angers comme ailleurs le droit de manifester se réduit comme peau de chagrin. De manifestation de gilets jaunes, en cortège pour le droit au logement, en passant par les mobilisations syndicales ou dans les quartiers populaires l’exercice du droit de manifestation devient un sport de combat au sens propre. Les rues ne se limitent pourtant pas à des espaces marchands comme le souhaite publiquement le maire Christophe Béchu. Reconquérir des libertés politiques est un des chantiers urgents que notre camp social va devoir entamer.

Dans cette criminalisation du combat antifasciste, la préfecture et les pouvoirs locaux ont pu mettre à profit un certain nombre d’interventions médiatiques. Certains articles ont presque renvoyé dos à dos fascistes et antifascistes, comme s’il s’agissait d’une vulgaire histoire de bandes rivales violentes. Notre antifascisme est populaire et nous avons toujours veillé à impliquer le plus largement possible les angevin.es dans cette lutte. Nous nous battons pour une société plus solidaire et plus égalitaire. Les fascistes couinent de dépit en annonçant l’annulation de leur évènements alors que quelques jours auparavant ils menaçaient publiquement quiconque viendrait les défier. Comment prétendre à la déontologie journalistique quand ce simple travail de mise en perspective n’est pas fait ? Ce genre d’article n’a qu’une visée : ramasser du clic/vendre du papier. Ramener le combat antifasciste à un potentiel « affrontement au pied de la statue de Jeanne d’Arc » c’est jouer un jeu délétère d’une dépolitisation qui ne profite qu’à l’extrême-droite.

Heureusement, nous avons pu compter à nos côtés de nombreux soutiens locaux avec qui il va falloir prolonger le travail en commun et continuer à tisser des liens. Ce travail est d’une nécessité absolue à trois mois d’élections présidentielles dont les thèmes idéologiques semblent uniquement dictés par l’extrême-droite.

Quant aux antifascistes qui nous avaient assuré.es de leur présence, surtout celleux qui venaient de loin, nous les remercions chaleureusement ! La solidarité antifasciste ce n’est pas qu’un slogan.

Ce week-end nous serons vigilant.es à ce qui pourrait advenir aux abords de la statue de Jeanne d’Arc, nous savons bien que les fachos ont l’habitude d’agir caché.es et d’organiser leurs sordides commémorations en toute discrétion.

Boutons les fascistes hors de nos vies ! Angers solidaire et antifasciste !

Le RAAF

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Ne pas tolérer l’intolérable : mobilisons-nous !

Ces dernières années, chaque 6 février, les fascistes de l’alvarium avaient pris la mauvaise habitude de déposer une gerbe au pied de la statue de Jeanne d’Arc, avenue du même nom, pour commémorer « leurs morts » : ceux de l’émeute antiparlementaire d’extrême-droite du 6 février 1934, ainsi que l’exécution du collabo antisémite Robert Brasillach le 6 février 1945. Cette cérémonie prenait la forme d’une retraite aux flambeaux réunissant jusqu’à 30 personnes.

Cette date a toujours été d’une grande importance symbolique pour eux/elles. Cette année, l’alvarium (dont la dissolution est suspendue à leur recours auprès du Conseil d’Etat) via son faux-nez du RED (Rassemblement des Etudiants de Droite) cherche à se relancer en réorganisant cette cérémonie puante. Après toutes les violences, les dégradations, les intimidations racistes, sexistes, homophobes,etc., de ces 4 dernières années, il est pour nous hors de question que cet évènement ait lieu. Ce serait accepter la résurgence de la menace fasciste sur cette ville.

C’est pourquoi, nous appelons à occuper le terrain ce jour-là, afin de montrer notre détermination à lutter contre l’extrême-droite.

Retrouvons-nous dimanche 6 février 2022, à 17h, au pied de la statue de Jeanne d’Arc, avenue Jeanne d’Arc !

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Dissolution : comme un poison dans l’eau

A chaque crapulerie de l’alvarium (c’est à dire très souvent), des élu.e.s en appellent à une dissolution administrative de l’alvarium. Ce voeu est selon nous un mirage politique. Une solution de facilité piégeuse en ce qu’elle place l’État en ultime solution de recours face aux discours et aux violences fascistes. Ce dernier, on l’a vu avec Génération Identitaire ou le Bastion Social, se contente à bon compte d’attaquer la façade institutionnelle des groupuscules : statuts d’association, comptes bancaires, etc. Pourtant, « en même temps », ces dernières années, loin de lutter contre l’extrême-droite, l’État l’a constamment alimenté avec des politiques liberticides, sécuritaires, répressives. Il a normalisé de pans entiers du discours idéologique réactionnaire, par exemple en désignant en fonction de ses besoins un nouvel ennemi de l’intérieur. Songeons à la séquence politique sur le soi-disant islamo-gauchisme, qui n’est pas sans rappeler l’infâme catégorie « judéo-maçonnique » des années 30. Cela nous amène d’ailleurs à pointer que nous avons conscience que les foudres répressives peuvent à tout moment s’abattre sur notre camp social comme le cynisme de l’agenda politicien le réclame à intervalles réguliers. Quoi qu’il en soit nous avons retenu de nos années lycée que la dissolution est avant tout un procédé physico-chimique. Une importante et populaire mobilisation antifasciste est, pour nous, bien plus à même de faire reculer les fascistes. Voici une étude de cas, fruit de nos réflexions et recherches collectives qui tend à indiquer que le groupuscule angevin a déjà mis en place des parades à une dissolution administrative.

La pépinière de fascistes

En décembre 2018, les militants d’extrême-droite abandonnaient leur premier local aux abords du quartier populaire de Savary. Après ce fiasco, ils commencent à se réorganiser en vue de l’ouverture d’un nouveau lieu. Rapidement, celui qui s’avérera être le grand mécène de l’alvarium apparaît sur nos radars : Axel Levavasseur (LVV). Rejeton d’une famille de pépiniéristes et notables locaux, il donne lui-aussi dans le commerce de végétaux (par snobisme il dit «treesourcing »).

Politiquement il reste dans l’ombre car peu enclin aux apparitions publiques et dédaignant l’action militante, préférant descendre les rhums arrangés en ville. Avec le temps nous avons compris que si l’alvarium ne s’est pas écroulé sous le poids de ses multiples échecs c’est en partie parce que l’argent de LVV et quelques autres pallie à la faiblesse politique du groupuscule. C’est lui qui avait mis à disposition une parcelle sur la propriété familiale de Brain-sur-L’Authion, en périphérie d’Angers, pour que les fascistes fassent dépérir les légumes d’un soi-disant « jardin communautaire ». Un projet quasi fictif, qui à défaut de nourrir qui que ce soit alimentait la mythomanie de l’alvarium sur les réseaux sociaux. Depuis la supercherie a été dévoilée et le terrain est revenu à l’état de jachère. Mais bien avant l’échec cuisant du jardin, LVV, le grand ami du caporal-chef Jean-Eudes Gannat, nous était déjà bien trop familier.

 

Axel Levavasseur butine les poubelles de l’histoire

Lors de l’ouverture de la première version de l’alvarium nous avions pu établir un lien entre le local et la création d’une association nommée « Nouveaux Sarments/Anjou Populaire » initialement domiciliée à Niaffles (53) au domicile de la famille Gannat. Cette fois en 2020, nous découvrons une association dénommée « Les butineurs de l’anjou ».

Un nom qui masque mal ses affinités : pour mémoire, en latin alvarium signifie « ruche »… Voilà donc apparaître une association qui n’a rien à voir avec l’apiculture et dont l’objet est lourd de sous-entendus identitaires. Aussi, un des buts affichés est de « Tenir un local associatif ». Nous ne sommes pas surpris.es de voir apparaître dans le bureau de l’association Axel Levavasseur en tant que président, il est épaulé par un inconnu : Mehdi Houfani.

 

Retraite anticipée

La création de cette association fait apparaître l’évidence. Si c’est toujours « Anjou Populaire » qui sert de vitrine légale au groupuscule, alors en cas de coup dur tel une dissolution, on déduit que l’alvarium compte probablement organiser un repli administratif avec les « butineurs ». Grâce à cette grossière parade, les fascistes pourront sauver l’essentiel : leur local. En propriétaire bourgeois sûr de son bon droit, LVV continuera son parrainage malfaisant. Tout est prêt : une association dont il est président et domiciliée dans sa propriété de la rue du Cornet, c’est à dire dans les actuels locaux de l’alvarium. L’association dispose évidemment d’un compte en banque tout prêt à accueillir les dons et relancer la pompe à fric du groupuscule. Certes l’alvarium ne pourra plus exister sous ce nom mais, comme à Lyon où la dissolution de GI n’a pas fait cesser la violence d’extrême-droite, les fascistes angevins disposeront eux aussi toujours de leur outil de nuisance le plus important, un local. Leur existence politique sera malmenée un temps (satisfaisant au passage leur insatiable désir de martyr) mais pas autant que la vie des habitant.e.s de cette ville. Sans compter que même si leur projet de salle de baston, impasse des Petits-Pères (à deux pas de la rue du Cornet) est compromis dans son aspect public, ils disposent là d’un lieu de repli dont une partie du montage juridique reste à éclaircir. A moins que « les butineurs » ne jouent là aussi leur rôle ?

 

Quand la bourgeoisie angevine subventionne le fascisme

L’engagement de LVV est si entier que de toutes évidences le paiement d’un loyer par l’alvarium est hors-sujet. Un local comme celui de la rue du Cornet, dans une ville prise de fièvre immobilière, représente une dépense mensuelle conséquente. Pourtant l’alvarium depuis des mois et des mois ne propose pour ainsi dire rien en terme d’activités à même de ramener des fonds. On touche un trait familier de l’hypocrisie des fascistes angevins qui aboient constamment contre « l’assistanat » depuis leur position d’enfants gâté.e.s déconnecté.e.s des réalités sociales. Faites-ce que je dis, pas ce que je fais, on connaît le refrain. Cette collusion d’une frange de la bourgeoisie angevine avec elleux est inquiétante, et bien que symptomatique le cas LVV n’est pas isolé. Cette alliance doit être dénoncée et combattue. En tant que révolutionnaires, nous essayons de transformer la société et cela fait que les intérêt de notre classe se retrouvent en contradiction avec les leurs. Voila pourquoi la possible dissolution de l’alvarium reste un détail pour nous.

 

L’espérance de la disparition du problème alvarium par une mesure administrative ne résiste guère à l’épreuve des faits. C’est une méthode à classer parmi les « fausses bonnes idées » car le socle de l’action de l’alvarium ne repose pas sur l’existence d’une association déclarée, mais bien sur les liens avec tout un tas de notables aux idées tout aussi rétrogrades, comme nous l’avons démontré à de nombreuses reprises. Et tant que ces personnes continueront de soutenir (notamment financièrement), sans être gênées, des initiatives xénophobes et nationalistes, l’Anjou continuera d’être pollué des mouvements politiques d’extrême-droite, quel que soit le nom qu’ils portent. Car l’alvarium n’est qu’un groupe militant dans un réseau bourgeois et/ou catholique intégriste. En définitive, ce que nous devons atteindre, ce sont des conditions qui permettent au plus grand nombre de s’engager dans une résistance quotidienne, simple à mettre en œuvre et radicale face à l’extrême-droite, tout en conservant un maximum d’autonomie vis à vis des institutions. Et pour nous, seule cette mobilisation populaire forte amènera une résolution satisfaisante du problème fasciste qui sévit à Angers. Cette voie a déjà amplement fait ses preuves et nous allons continuer de la tracer avec vous.

Fermons l’alvarium.


Cadeau bonus : une mauvaise troupe

Rencontre avec un menteur

Nous profitons de votre attention pour défaire encore un peu plus la propagande de nos apprentis fascistes. Le butineur Mehdi Houfani, qui ne nous disait rien alors, s’est rappelé à nos souvenirs lorsque son prénom et son visage sont apparus dans une vidéo geignarde de l’essaim des mouches à merde. Elle prend la forme d’un (inter)minable travelling centré sur Mehdi Houfani marchant dans la rue. Une voix off se lamente sur son sort. Pensez, il ne peut aller et venir aux abords de son lieu préféré l’alvarium, sans être inquiet de la violence qui règne à l’égard des pauvres nationalistes comme lui ! Vaine inversion de la culpabilité tant il est pénible de rappeler qui sont ceux qui défraient la chronique judiciaire par leurs violences récurrentes qui restent le plus souvent impunies. Mehdi Houfani est un habitué des rangs de l’extrême-droite. Juriste en droit des affaires, en plus de prêter son nom aux « butineurs », il travaille chez Alexandre Guignache (cabinet Ilion Avocats). Un peu girouette ce dernier s’est présenté sur une liste FN notamment. Le scénario de la vidéo devient cocasse quand on sait qu’il réside à Gentilly, à quelques 300 kilomètres d’Angers. Se promener le soir aux abords de l’alvarium ne revient donc pas trop souvent dans le quotidien de Mehdi Houfani. Notre homme d’une nature très anxieuse, se révèle surtout être un fieffé menteur. Ne boudons pas notre plaisir de voir le décor de carton-pâte de l’alvarium s’effondrer sur le mauvais acteur Mehdi Houfani ! Décidemment, chaque évènement confirme un peu plus que la communication de l’alvarium n’est QUE mensonges.


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Tou.te.s dans la rue le 12 juin !

Le RAAF appelle à rejoindre la manifestation «pour les libertés et contre les idées d’extrême droite» le 12 juin. Nous serons évidemment présent.e.s dans le cortège angevin et nous espérons que cette date sera le début d’une forte offensive antifasciste.

Pour autant, une stratégie unitaire ne se construit pas en effaçant toutes les différences de vues et il nous semble important de souligner quelques divergences et questionnements avec l’appel local auquel globalement nous adhérons.

Ainsi, pour ce qui est de la situation angevine nous n’attendons pas une réponse antifasciste de la part de pouvoirs publics. Comme le dit très justement l’appel « Quand on souffle sur des braises incandescentes et qu’on passe son temps à attiser les haines, cela a des conséquences concrètes. » Soyons clair.e.s, n’attendons pas de la préfecture et de la mairie qu’ils éteignent un incendie qu’ils ont laissé démarrer et se propager (par exemple l’ouverture du local fasciste de l’alvarium) avec au mieux de l’indifférence mais le plus souvent de la complaisance.

En parlant de responsabilités… Il y a quelques semaines une manifestation factieuse de syndicats de police d’extrême-droite a reçu le soutien et la présence de personnalités dites de gauche. La course à l’échalote sécuritaire d’une bonne partie de la gauche institutionnelle ne fait que contribuer à légitimer les discours et idées d’extrême-droite. A d’autres occasions, nous avons localement été surpris.es que l’idée de débattre avec des fascistes ne soit pas écartée d’un revers de la main par des gens de gauche. Il nous aura fallu rappeler des évidences dont la principale est d’une grande simplicité : on ne discute pas avec l’extrême-droite, on la combat. Nous rappelons que pour nous l’antifascisme n’est pas une vieille frusque qu’on ressort du placard en frissonnant tous les 5 ans à l’approche des élections présidentielles, nous ne sommes pas dupes de certaines postures de circonstances.

Notre antifascisme se construit à la base par une mobilisation populaire qui amène chacun.e à prendre ses responsabilités. Luttons contre les oppressions et contre l’exploitation qui sont le terreau du fascisme. Luttons pour plus de droits et pour construire un autre futur.

Parce que notre antifascisme est révolutionnaire.

Tou.te.s dans la rue le 12 juin.

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Faire une croix sur SOS Calvaires

Avec un peu d’habileté, la défense du « patrimoine » est un combat protéiforme qui permet à l’extrême-droite de se présenter au public sous un visage consensuel. Qui peut être contre la sauvegarde du « bien commun » ? Cette plasticité des questions de patrimoine permet à l’extrême-droite de dérouler l’habituel refrain sur une France « enracinée », de dégoiser sur notre « héritage » et surtout, de ne retenir de l’histoire que ce qui sert ses intérêts tout en préservant un apolitisme de façade. Sur un registre voisin le succès des « historiens de garde » est symptomatique de cette démarche de distorsion et de simplification à des fins réactionnaires.

Localement, nous avions évoqué l’instrumentalisation des questions patrimoniales par l’association Anjou Patrimoine. Tentative désormais moribonde, il faut dire que l’approche était justement pour le moins grossière. Mais l’Anjou, terreau toujours fertile de la contre-révolution catholique, nous donne un nouvel exemple plus sérieux de cette stratégie de dissimulation/euphémisation du discours. Il nous faut donc nous pencher sur l’association SOS Calvaires.

 

Séduire les ravi.e.s de la crèche

Il s’agit d’une association fondée en 1987 et initialement dénommée « Les amis des chapelles et calvaires de la région du Lion-d’Angers ». A partir de 2014, une nouvelle équipe de « jeunes catholiques » reprend la direction de l’association vieillissante et fin 2018, SOS Calvaires se lance dans le défi d’une rénovation de calvaire par mois. L’association référence et géolocalise les calvaires endommagés pour ensuite prendre contact avec les propriétaires privés ou publics afin d’obtenir un accord de travaux. Les « bénévoles » retapent l’édifice et c’est l’association qui prend en charge le coût financier de la croix et les divers frais annexes.

Sur son site, la succincte présentation de l’association donne une image avenante de ces catholiques dynamiques engagé.e.s dans un  «challenge » d’une restauration par mois.

Si l’action de SOS Calvaires reste largement cantonnée dans sa région de naissance, le Segréen, c’est à dire dans le nord du Maine-et-Loire, son audience devient nationale en 2020. Ce grâce principalement aux réseaux sociaux friands d’images et de contenus simples et faciles d’accès. La propagande de l’association est redondante mais adaptée : photos de groupe avec beaucoup d’enfants en prière au pied d’un calvaire rénové ou hommes saisis dans l’effort, redressant une croix au milieu de la campagne verdoyante. Le message est simple, direct et ressassé sur tous les supports numériques imaginables de Twitter à Facebook en passant par Tik-Tok. Aucun public n’est négligé.

Les médias catholiques ont aussi participé à donner de l’audience et surtout de la respectabilité : interview sur les ondes de RCF, ou encore article rédigé sur un ton de ravi de la crèche pour le magazine « Familles Chrétiennes ». Les représentant.e.s de l’association excellent à adapter la teneur de leur discours aux attentes de leurs interlocuteurs/rices. Lisse et pondéré pour les médias cités plus haut, dans un style nettement plus catho-tradi-en-rangers quand le contexte le permet.

« L’Amazon du calvaire »

SOS Calvaires met en avant la défense du patrimoine. Mais elle en véhicule une vision assez étrange. Dans une vidéo, on apprend qu’elle dispose d’un « stock » de croix pour les futures rénovations. Dans une autre, le président affirme vouloir « produire en masse des croix standards » et dans un rictus affirme « Je veux être l’Amazon de la croix ». Explicitement, loin de prendre en compte les spécificités et le contexte de chaque calvaire, l’association propose un produit standardisé. C’est le même modèle de croix qui est répliqué avec parfois quelques variations (croix celtique sur la base du modèle standard). C’est donc une vision très pauvre du patrimoine que défend l’association et qu’on pourrait résumer ainsi, une croix est une croix. Cette indifférence esthétique en dit long, ce qui compte pour SOS c’est le marquage visuel du territoire, une forme d’occupation religieuse des paysages et par ce biais des esprits. C’est une vision qui n’est pas sans rappeler les « missions » de lutte contre la déchristianisation, agitation des foules très en vogue notamment dans l’ouest de la France au début du siècle dernier. Pas de doute on reste dans l’esprit de la contre-révolution catholique sauf que les membres de SOS Calvaires n’ont pas pris acte du changement d’époque. Aujourd’hui, ils prêchent dans le désert ou tout du moins les seul.e.s converti.e.s à leur cause.

Charité bien ordonnée commence par soi-même

Une des spécificités et une des raisons de l’efficacité pratique de SOS Calvaires s’explique par la composition de son équipe dirigeante. Elle compte quelques entrepreneurs-artisans bien installés qui œuvrent dans les corps de métiers nécessaires aux restaurations. L’association s’en cache à peine, présentant sur son site les « entreprises partenaires » qui ne sont autres que celles de ses membres les plus investis. Ainsi, le stock de croix est un temps installé au Lion-d’Angers dans les locaux de l’entreprise Xilo. Ce fonctionnement en petit comité, pour ne pas dire consanguin (on est habitué.e.s par ici) est d’ailleurs source de questions. En effet, les dons à SOS Calvaires, reviennent ainsi au final dans les poches des entreprises partenaires qui appartiennent (au moins en partie) aux membres du noyau dur de l’association. Les sommes ne sont pas énormes (autour de 1000€/calvaire) mais ce schéma économique paraît opaque et sujet à caution.

Chez SOS Calvaires on ne néglige pas les placements de produits

Puisque nous abordons la question financière, comme il se doit à l’extrême-droite, l’association « reconnue d’intérêt général » propose d’établir un reçu fiscal pour tout don. Suite à une récente enquête de Libération il est de notoriété publique que nombre d’association d’extrême-droite radicale ont dévoyé ce dispositif. Les contrôles étant très peu nombreux, elles s’auto-attribuent la qualification « d’intérêt général ». Cette défiscalisation représente une manne indirecte de financement sur les deniers publics. C’est aussi le moyen rêvé pour donner un vernis consensuel aux activités de l’association. D’ailleurs SOS Calvaires ne manque pas de mettre en évidence cette qualité d’intérêt général qui lui donne une caution de respectabilité à peu de frais. D’un point de vue moral cette auto-qualification est parfaitement indigne. D’un point de vue politique il s’agit d’un scandale puisqu’elle offre la possibilité d’une entorse à la laïcité.

 

Lever de la fonte et porter sa croix

Comme nous le disions, le discours de SOS Calvaires est caméléon, calibré en fonction de l’interlocuteur. Le discours tenu sur les ondes de RCF n’a pas la même teneur que devant les caméras de la chaîne d’extrême-droite TV Libertés. Alors, pour se faire une idée précise du fond idéologique de l’association, rien de tel que se fader des entretiens/rencontres face à des fafs assumés qui ne donnent pas dans les faux-semblants. Par exemple, le youtubeur Baptiste Marchais alias Bench & Cigars (la muscu et les cigares sont ses passions) est venu participer à l’érection d’une croix en Anjou. Viriliste, décliniste, il est du genre à appeler la police à abattre plus de criminels. Il a également fait des vidéos aux côtés de Papacito ce qui décrit bien le niveau de finesse intellectuelle et d’humanisme. Sa vidéo a permis à SOS Calvaires d’accéder à un public jeune probablement hors de portée de son habituelle sphère d’influence.

Les apôtres du samedi matin

Moins ouvertement racoleur, l’entretien donné récemment par le président de SOS Calvaires, Julien Le Page, au chroniqueur de Valeurs Actuelles, Grégory Roose, permet de saisir la véritable teneur du fond idéologique de notre collectif de cathos. Julien Le Page, qui travaille pour le groupe d’immobilier BMG, est un personnage fort cabotin. Il aime la lumière quitte à faire de l’ombre aux autres membres de l’association moins à l’aise avec les codes de la communication, au point de parfois personnaliser SOS Calvaires à outrance. Au début de l’interview il déroule un discours assez convenu, mais la complicité s’installe au cours des échanges et les dernières minutes sont instructives quand le vernis des apparences saute. Le Page décrit l’action de SOS Calvaires comme un « apostolat par l’exemple ». Vite notre prédicateur de pacotille ne peut s’empêcher de donner dans un discours doloriste pour mettre en valeur l’intensité de l’engagement de SOS Calvaires : « on sacrifie nos samedis matins ». Quelle abnégation. Qui dit dolorisme dit souvent déclinisme et quand notre apôtre du samedi matin avance que « notre pays s’autodétruit » on se doute qu’on vient rentrer dans le vif du sujet.

Ainsi l’œcuménisme de façade du début de l’entretien se lézarde très vite et Le Page avoue ne plus comprendre le combat des prêtres de l’église romaine auxquels il prête un « discours pro-migrants ». Et le voilà de rêver SOS Calvaires en rempart « contre les attaques antichrétiennes » en faisant « face aux fédérations de libre-pensée qui nous harcèlent beaucoup » bien que, pas à une contradiction près, il décrit ces puissantes fédérations comme ne comptant que « 3 communistes dedans ».

Julien Le Page en vient enfin à une affirmation identitaire nationale-catholique nettement plus combative du pourquoi de SOS Calvaires : « Le calvaire c’est un étendard […] c’est un drapeau qu’on plante pour dire : Ici terre chrétienne. » c’est le marqueur physique que « Vous entrez en terre chrétienne ». « Vous voyez des christs (sic), ya pas de minarets, voilà, ça vous rappelle que la France a des racines chrétiennes et on pourra jamais les arracher». Inutile d’en dire plus, en une saillie au racisme latent SOS Calvaires est propulsée à l’avant-garde des combattant.e.s d’une Reconquista de la France, fille aînée de l’Eglise. En quelques mots on trouve le centre de gravité idéologique de l’association. Nos entrepreneurs catholiques se rêvent donc en croisés à temps partiel. Des croisés un peu pathétiques, tellement attachés aux apparences de leur religion qu’ils en viennent à confondre traditions et spiritualité.

Dis-moi qui tu likes…

A vrai dire, pour comprendre l’univers politique des nos croisés angevins nous aurions pu nous épargner le calvaire de ces vidéos soporifiques emplies d’autosatisfaction. En effet, un simple tour sur les réseaux sociaux suffit. Ainsi, le compte twitter de l’association ne compte à ce jour que 71 abonnements parmi lesquels beaucoup ne trompent pas : Zemmour, Le Raptor, SOS Chrétiens d’Orient, Jean Messiha, Robert Ménard, Marine Le Pen, Marion Maréchal, LMPT, Damien Rieu, Ravier, Présent, La Cocarde Etudiante, Cercle Anjou Conférences. On sait vite où l’on est : à minima à droite de la droite de la droite. Un temps, sur Instagram, l’association était même abonnée au compte des fascistes bourrins de l’alvarium.

Est-ce une forme de pudeur idéologique qui a conduit SOS Calvaires à se désabonner ?

Les personnes qui, à l’occasion, viennent prêter main forte les jours de restauration suffisent également à se forger un avis tranché. Nous avons déjà évoqué le youtubeur Baptiste Marchais mais d’autres accointances plus locales sont tout autant voire plus explicites, en particulier lorsqu’il s’agit des néo-fascistes de l’alvarium. Ainsi, le capo, Jean-Eudes Gannat, apparaît en retrait sur une photo et son frère Francois-Aubert Gannat habitué des prétoires est saisi en pleine tentative de rédemption..

Si ton dieu existe, être à genoux ne suffira pas à la rémission de tes péchés. Un conseil : rampe.

Deux présences qui mettent en lumière la tolérance aux idées fascistes de SOS Calvaires. Car si SOS Calvaires n’a pas de corpus idéologique en soi, elle partage clairement le socle de l’extrême-droite radicale.

Un si long chemin de croix

Pour le futur, SOS Calvaires espère essaimer et créer des antennes placées sous la houlette de la maison-mère angevine. De fait une douzaine de collectifs sont répertoriés. Cependant le gros de l’activité de cette nébuleuse reste centrée sur l’Anjou et les autres collectifs peinent à vraiment exister au delà du simple nettoyage de croix ou du débroussaillage de calvaire. Il est vrai que l’écosystème de nos entrepreneurs du Segréen n’est pas facile a recréer : menuiserie, maçonnerie, espace de stockage conséquent, matériel de chantier.

SOS Calvaires dispose d’une image positive dans les milieux catholiques. Elle n’a pas eu de difficulté à lever près de 25000€ dédiés à la construction d’un local technique spacieux pour ses activités. Il semble aussi selon ses propres dires que SOS Calvaires est désormais en mesure de salarier un poste technique de « responsable de production ». Cela est révélateur de son audience nationale et de sa capacité à drainer des fonds conséquents.

Priez un peu mais donnez beaucoup !

Cela ne masque pas ses faiblesses, les activité de l’association se déroulent dans un notable et rassurant désintérêt de la part de la très grande majorité des habitant.e.s de la région qui ont d’autres croix à porter. Celles et ceux qui s’engagent dans la défense de l’environnement, du cadre de vie ou du patrimoine, se dirigent naturellement vers d’autres espaces que SOS Calvaires. Son fonctionnement très vertical est lui aussi un bon repoussoir. Il n’y a donc pas d’adhésion populaire et le noyau affinitaire de 15 à 20 personnes très investies évolue en vase clos.

Il y a des velléités d’élargissement du champ d’intervention de l‘association pour l’ériger en une amorce de lobby de défense des édifices et bâtiments religieux (sous-entendu catholiques, cela va de soit). Un lobby doté d’avocat.e.s qui lutterait contre tout ce qui ressemble de près ou de loin à la déchristianisation de la société ou tout du moins qui lutterait contre sa disparition des paysages. Si SOS Calvaires s’engage plus avant dans cette direction il lui sera d’autant plus difficile de cacher son agenda politique et son idéologie réactionnaire.

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Témoignage

Rue des Aix – Angers

Nous sommes régulièrement contacté-e-s pour nous relater des
agressions commises par des membres de l’alvarium.
C’est révélateur du climat qui règne depuis un moment du côté de la rue
du Cornet et plus largement à Angers. Une des personnes qui nous avait
contacté pour nous faire part de l’agression qu’elle a subie, nous a
permis de publier son témoignage. Le voici.

J’étais parti vider mes poubelles vers 17h30, et en passant par la rue des Aix, je vois quelques stickers de l’alvarium que j’arrache au passage, et en redescendant la rue je vois un mec qui court en direction de l’alvarium depuis la rue piétonne tout en essayant de se couvrir le visage (??); je me demande vite-fait si ça à un rapport avec ce que je viens de faire mais je me dis que j’imagine des trucs et je continue.

Bon en fait c’est une fois que je suis en train de vider mes poubelles que je m’aperçois que le mec en question était parti chercher 4 de ses potes là bas pour venir me bully, l’un d’entre eux m’interpelle et me demande pourquoi j’ai arraché un sticker, je lui rétorque en lui demandant ce que ça pouvait bien lui faire, il me demande si je suis content de moi, que j’ai bien fait mon acte citoyen et il bredouille en constatant que je porte un treillis militaire.

Là dessus un autre me traite de bobo, repris par encore un autre qui lui dit «ouais pas vraiment» en jugeant mes vêtements; je leur demande si je ne peux pas vider mes poubelles en paix, le premier qui m’a abordé commence à dire qu’il ne m’empêche pas physiquement mais il est coupé par un de ses potes qui est soudainement très intéressé par mon masque, à ce moment l’un d’eux commence à m’agripper pendant que l’autre m’arrache mon masque avant que je les repousse, je sens une forte odeur d’alcool venant d’eux, ensuite le seul du groupe qui ne disait trop rien commence à essayer de les raisonner à grands recours de «bon ça va les gars» et «allez c’est bon laissez-le maintenant», le type qui m’a volé mon masque me dit qu’il va l’ajouter à sa collection avant que le groupe commence à s’en aller.

Je les suis en leur disant de me rendre ce qui m’a été dérobé, le mec avec mon masque me réponds «tu arraches un sticker je prends ton masque, comme ça on est quitte», puis celui qui essayait de les raisonner me fait platement des signes de la main du type «bon excusez-les hein», j’ai pas envie de leur courir après juste pour un masque et je les laisse partir.

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Qui est-ce ?

Initialement paru sous forme de « thread » via notre compte Twitter, nous l’archivons ici sous forme d’article de blog :

Ces jours les journaux sont pleins de l’ « action sociale » de l’alvarium. Les images du Courrier de l’Ouest de la manif de samedi mettent en lumière ce « dévouement » des militants fascistes. C’est justice que de revenir sur leur « œuvre » individuelle dans un thread.

Paul Pichon arrive de Versailles où il militait chez les fascistes d’Auctorum. Il a été inculpé pour les violences commises lors de l’ouverture du pseudo-squat de l’alvarium Relaxé. « Les faits sont insignifiants » dixit le juge. #impunité

Ce procès impliquait Baudouin Le Nalio, ancien scout si affable qu’on l’a vu aider la BAC ce samedi. Relaxé pour le même motif. Après une telle décision de justice il ne faut pas être surpris qu’il se sente autorisé à s’armer d’une batte dans la rue.

François-Aubert Gannat Violences, agressions et injures racistes, « chasse aux noirs et aux arabes », chants/saluts nazis lors d’une virée nocturne d’une 15aine de fascistes en oct. 2016 à #Angers. Condamné à 10 mois avec sursis + 175h de TIG.

François-Aubert Gannat, bis. Injures racistes et suprémacistes en mai 2017 : « Ton pote est d’une sous-race. Même mon chien et mon singe sont d’une race supérieure à la sienne ». Condamné puis relaxé suite à une erreur du parquet de la cour d’appel.

Mayeul Michon Du Marais, le lyonnais poursuit ses études à #Angers. Poursuivi pour agression raciste en mai 2018. Relaxé au bénéfice du doute.

Théodore Riant « Graphiste » de l’alvarium. Participation aux agressions avec armes (batte de base-ball, matraque, poings américains) à #LeMans en déc 2019. Condamné : amende de 300 à 600€ et interdiction de détenir une arme pendant 3 ans.

Jean-Eudes Gannat Le petit chef se débat toujours en pleine affaire #Comunotec et ses dernières justifications dans la presse n’ont pas été convaincantes, il n’a pas répondu sur le fond et l’affaire est loin d’être close.

Le problème avec l’alvarium ne vient pas d’une ou 2 brebis galeuses et nous pourrions ressortir d’autres histoires avec des militants qui ne sont pas sur la photo. Le problème est simple : c’est l’existence même de l’alvarium.

#FermonsLAlvarium

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L’étincelle attaquée par des fascistes – Organisons la riposte !

 

L’étincelle – lieu associatif, associatif et autogéré a été une nouvelle fois la cible d’une attaque menée par les fascistes locaux.
Organisons la riposte antifasciste, faisons barrage à l’extrême-droite ici et maintenant.

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Benoît Couëtoux du Tertre et l’institut Iliade : pathétique épopée

Depuis quelques années, les fascistes angevins se rêvent mauvais garçons. Ils cultivent le look « casual » des hooligans. Mais leurs coupes venues tout droit des années 30, et leur attitudes guindées trahissent une extraction le plus souvent bourgeoise. Loin de cet apparat de basse-cour, Angers cache un briscard de l’extrême-droite qui ne s’est jamais départi de ses fines petites lunettes, de son barbour défraîchi et de son air de vicomte fauché rentrant bredouille de la chasse. Permettez-nous de vous présenter le parcours de Benoît Couëtoux du Tertre.

 

Les années de formation : jeune et déjà vieux

Lors de ses années étudiante « BCdT » trainait parfois sur le campus universitaire de Belle-Beille , à Angers, avec le groupuscule fasciste du Renouveau Etudiant. Bien éloigné de toute activité syndicale, l’éphémère groupe angevin avait une forte coloration nationaliste-révolutionnaire et ses militants n’hésitaient pas par exemple à camoufler leur antisémitisme derrière un soutien de façade à la Palestine. Dans la seconde moitié des années 1990, leur militance se limitait le plus souvent à coller des stickers mais, ils se sont aussi essayés à la provocation envers les syndicalistes et étudiant.e.s grévistes. Sous la houlette d’un prof de droit, ils ont tenté, sans succès, d’évacuer à coups de casques de motos un amphi où se tenait une AG. Ils ont enfin avec de nombreuses affiches, nuitamment rebaptisé l’université au nom du collabo Robert Brasillach. A cette époque BCdT est présent mais selon les témoignages peu porté sur la violence, il est physiquement en retrait.

Au Renouveau Etudiant il n’y avait pas que l’index de tendu.

 

Benoît Couëtoux du Tertre tente de faire peuple

Il ne fera pas plus d’étincelles au sein du Front National. Il lui restera néanmoins fidèle lors de la scission d’avec le MNR en 1999. L’engagement militant fondateur de BCdT va plutôt se jouer au sein de Terre et Peuple. Fondé par Pierre Vial fin 1994, ce mouvement lui convient par sa vision téléologique de la civilisation européenne. Le mouvement place celle-ci en filiation directe avec la prestigieuse civilisation grecque, enrichie et nourrie par le Moyen Âge et vue comme une belle idée croissant jusqu’à nous et dont nous serions les héritier.e.s devant assurer sa passation. Le paganisme n’est pas rejeté à la marge comme peut le faire l’extrême-droite catholique traditionnelle. Au contraire les mythes et légendes donnent à Terre et Peuple sa coloration « volkish ». C’est à dire que le « peuple » renvoit à une identité plus qu’à une masse. Le passé revêt une implication directe dans le présent. Plus que l’espérance d’un retour du passé, celui-ci est pour eux une filiation. Il y a une référence récurrente chez Terre et Peuple à l’enracinement. BCdT écrit des articles pour leur journal.

Le mouvement souffrira à de multiples reprises du côté girouette politique de Pierre Vial et il perdra notamment des forces à la scission du FN. Toujours est-il que Benoît Couëtoux du Tertre s’y épanouira et c’est même lui qui emmènera la « bannière Anjou » en 1999.

Seulement Terre et Peuple n’est pas une organisation de terrain et bien que prudent de nature BCdT a envie d’en découdre. L’arrivée des « Identitaires » dans le paysage politique au début des années 2000 va lui permettre de s’appuyer localement sur quelques jeunes recrues pour passer à l’action.

Puni pour avoir oublié son cartable

Le 8 avril 2011, le conseil municipal d’Angers se réunit avec à l’ordre du jour un point sur le construction de la future mosquée. Le conseil se tient sous l’égide du maire PS de l’époque, Jean-Claude Antonini. Un petit groupe de six personnes baptisé « Anjou Identitaire » fait irruption dans la salle du conseil, les visages mal cachés derrière de petits masques de cochons ils entonnent « Pas un sou pour la mosquée. Angers n’est pas une terre d’Islam ! » en jetant des tracts à la volée.

Les plus bêtes ne sont pas celles que l’on croit.

Par maladresse le chef improvisé BCdT va oublier dans la salle son cher cartable et se fait pincer en revenant le chercher. C’est fort gênant mais celui qui est fonctionnaire à la Préfecture va passer en procès pour un simple « délit d’entrave », la qualification raciste n’ayant pas été retenue par le Parquet. Le préjudice pour lui sera donc très relatif car il sera relaxé en appel et mis au placard pour un temps à la sous-préfecture de Segré, avant de revenir à Angers comme si de rien n’était.

Le vent du boulet est passé très près et désormais il va localement se tenir à carreaux et faire preuve d’une grande discrétion. Pour autant, ce n’est certainement pas la fin de son engagement. En 2013, Dominique Venner, un des idéologues de l’extrême-droite se donne la mort par arme à feu devant l’autel de la cathédrale Notre-Dame. Dans ses dernières volontés exposées peu avant à certains amis dont Le Gallou, il désirait qu’ils fondent un institut qui deviendra Iliade.

Iliade : amnésie sélective

Iliade, « institut pour la longue mémoire européenne » peut-être présenté par lui-même  tant sa visée est explicitement raciste : « L’Institut ILIADE accompagne tous ceux qui refusent le Grand Effacement, matrice du Grand Remplacement. ». Pour ce faire, il organise notamment un colloque annuel qui autour d’une hématique voit se succéder à la tribune toute la crème de l’extrême-droite la plus dure : Alain de Benoist, Renaud Camus, Jean-Yves Le Gallou, Charlotte d’Ornellas. « 2019, Europe le temps des frontières » était par exemple le thème retenu pour un des derniers colloques. Et c’est BCdT qui en prononcera l’allocution de clôture  https://www.youtube.com/watch?v=TdXNSEjO4E8

L’institut brasse large et cherche à diffuser une vision de l’histoire qui a de nombreux points en commun avec Terre et Peuple. Là encore, la culture grecque ou du Moyen Âge sert de prétexte à développer une vision racialiste et fermée de l’Europe. Le discours a lui aussi de forts accents païens. L’institut se place lui aussi sur le terrain métapolitique et œuvre en vue d’une hégémonie des idées d’extrême-droite dans les mentalités. Notre angevin en tant que secrétaire-général tient une bonne place dans ce cirque et semble être l’homme de confiance au service de la cause. Pendant longtemps l’institut avait pour siège social son domicile.

Quant à son épouse, Fabienne, elle a un temps officié en tant que trésorière. L’implication de la famille va jusqu’à leur fille Aurore qui met son savoir-faire (à défaut de talent) d’élève des beaux-arts à disposition de l’institut pour créer une des tentures qu’on voit dans les vidéos sur le côté de la scène. Aujourd’hui encore, l’institut est domicilié à Angers via une boîte postale.

Pour le symbole, les angevin.e. apprécieront le message délivré sur twitter par le conseiller municipal d’Angers pro Manif Pour Tous, Maxence Henry. A l’occasion de la parution d’une vidéo de l’institut intitulée « Ni Lampedusa, ni Bruxelles, être européen ! ». Il s’exclamera « tellement juste » (source : http://ldh49.over-blog.org/2017/04/le-bloc-identitaire-en-anjou-des-jeunes-et-des-moins-jeunes.html). Triste ironie du sort de constater que les idées de celui qui a subverti un conseil municipal y siègent désormais en toute légalité. Cela est révélateur du travail de tout un pan de l’extrême-droite qui en dehors du champ des partis traditionnels cherche à placer son idéologie au pouvoir en instrumentalisant la culture. C’est en cela que l’exemple de Benoît Couëtoux du Tertre méritait quelques lignes.

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