Le Cercle René d’Anjou, nouvelle vitrine légale du Red : une petite cour de bouffon.ne.s ainsi qu’une robe noire

La franchise qui a repris l’héritage et les activités du groupuscule néo-fasciste alvarium après sa dissolution administrative fin 2021 vivote. Si, hors d’Angers, chez les nationalistes radicaux, le Red (Rassemblement des Étudiants de Droite) profite d’une rente de notoriété usurpée, il ne fait pas illusion localement. Néanmoins il tente de se relancer en mettant l’accent sur le recrutement, s’appuyant sur un encadrement formé ces dernières années avec des militant.es comme Adou Morvan (derrière la banderole au niveau du « Y » sur la photo du C9M en lien), un vendeur de boudins vu dans une manifestation néo-nazie ou, plus « ancien », Gabriel Tardiveau déjà actif (présent serait plus exact) du temps de l’alvarium. Nous l’avons souvent souligné, le groupe est sauvé du naufrage grâce au soutien d’une frange de la bourgeoisie locale qui met à sa disposition des locaux. La situation se répète invariablement.

Adou Morvan porte la banderole du C9M et porte-parole d’un happening du Red.

« Populaires» pour une poignée de bourgeois.es

Ainsi, l’alvarium devait son premier local à des résidus de chouannerie, le second en centre-ville, rue du Cornet, était prêté par l’entrepreneur Axel Levavasseur, le mécène avait aussi laissé à la milice un lopin de terre pour faire mumuse. Enfin, le Bazar est mis à disposition par l’entremise d’Aloïs Haven. Ce local occupé en catimini ne sert apparemment pas à la tenue d’activités ouvertement annoncées comme les conférences. Le Red les organise en toute discrétion, sur inscription préalable, ailleurs en centre-ville.

Candide(s)

Ce lieu a été relativement facile à découvrir puisqu’il correspond au siège social de ce que tout porte à qualifier de dernier avatar associatif du Red : le Cercle René d’Anjou (référence au roi René), déclaré fin octobre dans un immeuble de la rue Voltaire, encore une fois en centre-ville d’Angers. Son objet reprend des pans entiers de la phraséologie de la vitrine légale de l’alvarium, l’association Nouveau Sarments/Anjou Populaire (soit en toute finesse l’acronyme NSAP) avec pour doctrine commune un « catholicisme social » d’inspiration réactionnaire. Tout le bingo sémantique d’extrême droite est invoqué : « promouvoir la culture angevine, son patrimoine et son histoire », « former une jeunesse enracinée». Seule nouveauté, l’association s’autorise à intenter « des actions en justice si nécessaire » ce qui on le verra plus loin ne manque pas de piquant.

Diverses activités du Red dans le local de la rue Voltaire, à Angers.
Juxtaposition des objets respectifs du Cercle René d’Anjou et de Nouveaux Sarments-Anjou Populaire.

Un cercle pour tourner en rond

Copie du bureau de l’association Cercle René d’Anjou.

Le bureau est composé de deux militant.es. La trésorerie revient à Aurore Couëtoux du Tertre, fille de Fabienne et Benoît Couëtoux du Tertre. Nous avons brossé un portrait assez complet du père il y a quelques années et pour résumer tous deux sont des figures de l’Institut Iliade, outil de formation suprémaciste domicilié chez eux à sa création en 2014. Aurore paraît avoir embrassé la tradition familiale et a déjà un parcours conséquent. On retrouve son nom sur une liste du syndicat d’extrême droite la Cocarde lors d’études effectuées à Tours. Installée à Angers, elle donne à voir sur ses réseaux sociaux sa pleine intégration parmi les militant.es fascistes passé.e.s par l’alvarium et le Red : Gersende Barrera, Baudoin Le Nalio, Théodore Riant, Antoine Lanoë, Gaspard Beaumier, le fondateur Jean-Eudes Gannat, etc.

Capture issue du site du Crous Orléans-Tours.
Captures des ami.es Facebook d’Aurore Couëtoux du Tertre.

L’apparent chef du moment a aussi pris la direction du cercle. Il s’agit de Gabriel Tardiveau. Passé par l’alvarium, actif dans la logistique des universités d’été d’Academia Christiana, il fait partie d’une famille engagée. Sa sœur était membre du bureau de association utilisée pour gérer le Bazar. En 2021, leur mère a accompagné Jean-Eudes Gannat dans son échec aux élections départementales sur le canton de Segré (3,15 % des voix). Enfin, quand il vivaient encore sous le même toit, Gabriel et Helen avaient domicilié une association qui semblait destinée à amortir la dissolution administrative de l’alvarium. Bref, le Cercle René d’Anjou souligne que le microcosme fasciste peine à se renouveler et tourne en rond.

Le Red a la passion de l’ordre mais confond commissariat et gendarmerie.

La voix de son maître

Nous ne nous sommes pas contenté.es de vérifier de visu les maigres allées et venues militantes autour de ce local un soir de conférence. Nous avons recherché le ou la propriétaire dans l’hypothèse d’une duperie sur l’usage sporadique qui est fait des lieux. Après tout, en 2024 le Red avait organisé des conférences dans un appartement non loin de là, rue de l’Aiguillerie. Suite à une vérification approfondie auprès des services du cadastre nous comprenons que le bien appartient en indivision à deux personnes. L’une n’est autre qu’Olivier Pfligersdorffer. La présence de cet avocat est récurrente dans les affaires impliquant la clique de l’alvarium/Red avant, pendant et après la dissolution. Loin de l’exhaustivité, il les a défendu lors de violences exercées aux abords de leur pseudo-squat, mais aussi lorsque certains ont agressé des manifestant.es qui défilaient pour Nahel. C’est lui encore qui saisit le conseil d’état à la dissolution du groupuscule et expose ses vues au site de désinformation d’extrême droite Breizh-Info. Nous pourrions multiplier les exemples.

Relevé de propriété du cadastre concernant le local où est domicilié le Cercle René d’Anjou (anonymisation par nos soins).
Capture d’écran du site Breizh-Info.

Des questions, une certitude

Cette situation laisse songeur.euse quant à la nature exacte de l’arrangement entre le Red et Olivier Pfligersdorffer. Ce dernier dispose d’éléments solides pour savoir avec qui il traite, il connaît leurs démêlées judiciaires et donc les discours et actes animés par la haine de l’autre qui les ont conduit devant les tribunaux. Il est celui qui a porté la contestation de dissolution administrative devant le conseil d’état et depuis cette dissolution a été définitivement validée. De notoriété publique le Red est la continuation sous une autre étiquette de l’alvarium. Pourtant,selon toute vraisemblance, Olivier Pfligersdorffer ne se met pas en retrait et l’usage de son local permet au groupuscule de perpétuer ses activités. Cette proximité est-elle compatible avec le respect déontologique des principes d’indépendance, de confidentialité, de secret professionnel ? N’étant pas juristes nous nous gardons de répondre à ce qui reste une question fondée. Au delà du droit, envers lequel nous sommes plus que circonspect.es, cet appariement confirme une nouvelle fois que le Red est un groupuscule hors-sol composé principalement de jeunes gens bien intégré.es en mal de sensations auxquel.le.s la bourgeoisie met à disposition des locaux en guise de hochet.

Le Red se place dans la continuité de l’alvarium jusque dans la déco comme en témoigne l’affiche à l’effigie du boucher Bachar el-Assad. Et il y a déjà une personne avec un t-shirt du Red derrière le bar.

Le Raaf.

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